Il y a de moins en moins d'additifs dans les aliments industriels, selon une étude

Depuis le début des années 2010, la part d'aliments sans additifs est passée de 13,7% à 18,3%. 

L\'étude sur la présence d\'additifs dans les aliments industriels porte sur 30 000 produits dans une vingtaine de catégories, des barres de céréales aux plats préparés, en passant par les boissons ou le chocolat. 
L'étude sur la présence d'additifs dans les aliments industriels porte sur 30 000 produits dans une vingtaine de catégories, des barres de céréales aux plats préparés, en passant par les boissons ou le chocolat.  (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP)

La pression des consommateurs semble avoir un effet sur le contenu de leur assiette. L'utilisation des additifs dans les aliments industriels a globalement diminué en dix ans, selon un rapport officiel (en PDF) de l'Oqali, observatoire de l'alimentation dépendant de l'agence de sécurité sanitaire Anses et de l'Institut national de recherche agronomique (Inra), publié mercredi 20 novembre. 

"Il semblerait que les tendances actuelles de recherche d'une alimentation plus saine et la crainte des consommateurs envers les additifs aient incité les industriels à revoir les listes d'ingrédients de leurs produits, en réduisant l'utilisation d'additifs", rapporte cette étude, qui a mesuré l'évolution de la présence d'additifs dans les aliments industriels entre 2008 et 2016Plus de 300 additifs alimentaires sont autorisés dans l'Union européenne. "Tous font l'objet d'une évaluation de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa). Pourtant, des publications scientifiques jettent régulièrement le doute sur certains d'entre eux", rappelle l'UFC-Que choisir dans son guide des additifs.

L'étude de l'Oqali porte sur 30 000 produits dans une vingtaine de catégories, des barres de céréales aux plats préparés, en passant par les boissons ou le chocolat. Les confiseries, qui contiennent pourtant beaucoup d'additifs, n'ont pas été examinées mais elles devraient l'être dans un prochain volet. 

Près de 20% des aliments désormais sans additifs

Premier constat : plus de trois quarts (78%) des produits analysés contiennent au moins un additif. La majorité (53%) en contient au moins trois et une petite partie (4%) au moins dix. 

Les aliments les plus riches en additifs sont "les viennoiseries et desserts surgelés, les produits traiteurs frais [sandwichs, plats préparés, salades] et les glaces et sorbets", explique à l'AFP l'une des responsables de l'étude, Céline Ménard, de l'Anses. Les additifs les plus fréquents sont l'acide citrique (E330, régulateur d'acidité), présent dans 23% des produits, les amidons modifiés (une famille d'épaississants classés par l'UFC-Que choisir comme "acceptables" à "peu recommandables" selon les cas), dans 22% des aliments, et les lécithines (E322, émulsifiants), dans 17%.

La deuxième partie de l'étude met en évidence "une tendance à la baisse, notamment pour les additifs les plus utilisés", souligne Céline Ménard. Depuis le début des années 2010, la part d'aliments sans additifs est passée de 13,7% à 18,3%. 

Quatre additifs sont plus utilisés qu'avant

Cette tendance à la baisse est particulièrement marquée pour les produits traiteurs frais, où la part d'aliments sans additifs passe de 3% à 16%. La part des pizzas surgelées sans additifs est également passée de 23% à 32%, et celle des plats préparés surgelés sans additifs de 15% à 19%. Idem pour la charcuterie : auparavant, seuls 3% de ce type de produits ne contenaient aucun additif, contre 9% aujourd'hui.

En revanche, "des présences d'additifs augmentent significativement pour les compotes (+10 points de produits avec additifs)", en raison notamment de "l'emploi d'antioxydants tels que l'acide ascorbique [vitamine C]", selon le rapport.

Contrairement à la tendance globale, quatre additifs sont plus utilisés qu'auparavant : les caroténoïdes (E160a, colorants), les carbonates de sodium (E500, levures), les pectines (E440, gélifiants) et les anthocyanes (E163, colorants d'origine naturelle). Ces additifs sont classés comme "acceptables" par l'UFC-Que choisir.