Consommation : l'étrange recette des soupes industrielles

Produit phare de l'hiver, France 3 a enquêté sur les soupes industrielles. Que contiennent-elles vraiment ?

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FRANCE 3

Les soupes toutes prêtes sont un menu d'hiver conçu pour les gens pressés. En brique, déshydratées, fraîches ou encore surgelées, elles sont proposées sous toutes les formes et sont vendues entre 1 et 5 euros le litre. Mais ces potages se valent-ils tous et comment sont-ils fabriqués ? Aucun grand fabricant n'a souhaité accueillir les caméras de France 3. Direction donc l'Ardèche à Peaugres où Emmanuel et Christelle Perrier produisent des soupes. Ils récoltent d'abord les légumes bios sur leurs parcelles. Dans leur laboratoire, le couple produit 150 000 litres de soupe par an. Après la cuisson, où il ne rajoute que du sel et parfois de l'huile, la préparation est passée au tamis. La fabrication lui revient à 2,10 € par bouteille. Elle sera revendue près de 4 euros, soit deux fois plus cher qu'une soupe en brique.

Des additifs avec des effets secondaires

Et ce n'est pas la seule différence. La soupe du producteur ardéchois contient 55% de légumes, alors que des potages en briques analysés en compte 40 ou 36%. Et c'est seulement 5,3% pour les soupes déshydratées. Les potages industriels sont riches en additifs pour leur donner plus de saveur et de texture. Selon Anne-Laure Denans, experte en nutrition, l'extrait de levure, très utilisé, est à l'origine de nombreux effets secondaires, comme des maux de tête. Mais rien n'oblige les industriels à préciser les quantités présentes dans leurs préparations. Un récent rapport parlementaire propose de "rendre obligatoire l'étiquetage de la proportion globale d'additifs". Les députés réclament également la diminution de sel, or dans une portion de 300 ml de soupe industrielle, on trouve jusqu'à 1,7 gramme de sel, soit 15 pincées.

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Des légumes issus d\'un jardin potager bio, le 24 juillet 2018.
Des légumes issus d'un jardin potager bio, le 24 juillet 2018. (LODI FRANCK / SIPA)