Chocolats Kinder contaminés aux salmonelles : Foodwatch dénonce une "gestion de crise qui se moque du monde" après les excuses de Ferrero

Un total de 150 cas de salmonellose ont été détectés dans neuf pays européens, dont la France. Pour l'association de consommateurs, le groupe Ferrero a minimisé les faits et manqué à ses obligations vis-à-vis du consommateur.

Article rédigé par
Marion Ferrere - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des œufs en chocolat Kinder Surprise. Photo d'illustration. (LIONEL LE SAUX / MAXPPP)

Le patron de Ferrero France fait ses excuses pour la première fois après le scandale des chocolats Kinder contaminés aux salmonelles. Dans le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France, publié vendredi 27 mai, il assure "être désolé" et promet des dédommagements. "Ce mea culpa, c'est une gestion de crise trop tardive et qui se moque du monde", réagit sur franceinfo Karine Jacquemart, directrice de l'association Foodwatch qui a déposé plainte au pôle santé du parquet de Paris.

>> Retraits de chocolats Kinder : on vous résume l'affaire de salmonellose dans laquelle Ferrero est soupçonné d'avoir réagi trop tard

Pour l'association de consommateurs, les indemnisations ne suffisent pas. "Il dit que ce qui s'est passé n'est pas acceptable, ce qui ne l'est pas du tout c'est que ça soit la première fois qu'il s'exprime alors que nous sommes fin mai", martèle Karine Jacquemart.

La directrice de l'ONG rappelle que Ferrero a avoué avoir trouvé de la salmonelle le 15 décembre 2021 dans son usine d'Arlon en Belgique, lieu de fabrication des chocolats Kinder. "Ils ont été alertés ensuite par les autorités allemandes puis anglaises fin mars" alors que les chocolats ont été retirés des rayons en avril. Lors de ces retraits, "ont été retrouvés des produits de Pâques mais aussi de Noël", dénonce l'association. "Que s'est-il passé dans l'usine d'Arlon depuis le 15 décembre ? Pourquoi les autorités sanitaires n'ont pas été informées en Belgique et dans les autres pays ?", s'interroge sur franceinfo Karine Jacquemart pour qui aucune réponse n'a été apportée.

"Qu'ils donnent de la transparence oui, mais qu'ils rendent des comptes, ça suffit ! Il parle enfin de dédommager des familles alors qu'il y a une plainte. Le dédommagement se fera par la justice."

Karine Jacquemart, directrice de l'association Foodwatch

à franceinfo

Un avis partagé par Me François Lafforgue. L'avocat de Foodwatch représente également deux familles de victimes. "L'une d'entre a eu sa fille hospitalisée en réanimation pédiatrique. On n'est pas dans un problème anecdotique, il y a eu des centaines de cas de contaminations en Europe dont 81 en France", souligne l'avocat. "Est venu le temps judicaire, le temps des explications et le temps de l'enquête pénale", explique-t-il à franceinfo.

Interrogé dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, le directeur général France de Ferrero l'affirme, ses équipes sont déjà en lien "avec plusieurs dizaines de familles" pour des dédommagements. Un chiffre confirmé par Ferrero à franceinfo jeudi 26 mai. Le groupe précise également avoir demandé la réouverture de l'usine belge d'Arlon, d'où sont sortis les Kinder contaminés, pour le 13 juin prochain. Les autorités sanitaires belges n'ont pas encore communiqué leur réponse. Les protocoles y seront revus, avec désormais un laboratoire extérieur qui réalisera la moitié des tests sanitaires. Un dispositif également appliqué à l'usine située près de Rouen, en Normandie.

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