Alimentation : trois ONG accusent la France d'exporter de la viande bas de gamme dans des pays en voie de développement

Selon Action Climat, Greenpeace et Oxfam les filières du poulet de chair, du porc et la production de lait conventionnel sont concernées par ces modes de production néfaste, selon elles, pour "le travail des éleveurs, le bien-être animal et l’environnement".

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Des ailes de poulets roties dans une usine française. Photo d'illustration. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Dans un rapport publié mardi 4 octobre que s'est procuré franceinfo, les ONG Réseau Action Climat, Greenpeace et Oxfam accusent la France d'exporter de la viande bas de gamme dans des pays en voie de développement. Elles disent constater que "l'intensification des modèles d'élevage tournés vers l'exportation s'accentue".

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"En contradiction totale avec l’évolution des attentes sociétales, poursuivent les ONG, les acteurs de ces filières se retrouvent enfermés dans un modèle insoutenable, embarqués dans une course folle à la concurrence sur des marchés mondiaux sans avantage concurrentiels".

Des produits porcins pour la Chine et les Philippines

Trois filières de production sont pointées du doigt par ce rapport : le poulet de chair, le porc et la production de lait conventionnel. Ces filières de production sont détenus par une poignée d'industriels parmi lesquels Bigard, Agromousquetaire, ou encore LDC. Selon les associations, si 30% des exportations de produits porcins français sont destinées aux pays tiers, la Chine et les Philippines "absorbent une grande partie des exportations de trois produits à faible valeur ajoutée", telles que 42% des viandes porcines congelées ou 51% des abats.

D’après le rapport, ces filières de production ont ciblé le marché bas de gamme à l’étranger qui renforce l’intensification de l’élevage, avec des conséquences sur le travail, le bien être animal et l’environnement, sans pour autant garantir la souveraineté alimentaire. "L'essentiel des produits exportés issus de process industriels de transformation (poudres et autres produits secs) provient d'élevages laitiers intensifs", précise ainsi ce rapport.

Rediriger les aides européennes de la PAC

Réseau Action Climat, Oxfam et Greenpeace émettent plusieurs recommandations pour ces filières. Elles proposent notamment d'adopter "au niveau européen une règlementation des frontières à double sens : critères exigeants à l'entrée et pour les exportations". Les ONG appellent à "rediriger les aides publiques vers les élevages extensifs, notamment les aides de la PAC".

Elles souhaitent par ailleurs "interdire les opérations de publicité et de promotions de la viande issus d'élevages intensifs, notamment par la grande distribution". L'élevage intensif signifie que les poulets vivent 40 jours et sont parfois à 22 sur 1 mètres carré. À l’échelle de la filière, 11% de la production possède le label rouge. Et seulement 1% le label bio.

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