Alimentation : le combat des graines interdites

Après Biocoop, Carrefour se lance dans la vente de légumes interdits. Il s'agit de légumes issus de semences paysannes, qui ne sont pas homologuées par l'administration française.  

FRANCE 2

Ils sont appétissants, colorés, mais ne devraient pas se trouver dans vos rayons. Le marché interdit, c'est la dernière campagne de cette enseigne de la grande distribution. L'artichaut Camus du Léon, l'oignon rosé d'Armorique, ce potimarron, cette rhubarbe, tous sont interdits ; une formule-choc, même si ici, tout est légal. Ce qui est interdit, ce n'est pas d'acheter ni de vendre ces légumes, mais les graines qui les ont fait pousser. Elles proviennent des semences dites paysannes, produites par les agriculteurs locaux. "Nous soutenons les producteurs qui développent des semences paysannes pour proposer à nos clients une immense variété et une diversité, de nouveaux produits et du choix", explique Hervé Gomichon, directeur qualité et développement durable chez Carrefour.

Interdiction de vendre sa semence

Les produits viennent des côtes bretonnes ; ils sont fournis par un collectif de maraîchers, comme René Léa. Il fait pousser ses légumes à partir de graines qu'il sélectionne lui-même sur son exploitation. Il procède ainsi depuis 40 ans. Comme pour les oignons, triés à la main, pour isoler ceux qui, une fois plantés, fourniront les meilleures graines, les fameuses semences paysannes. Mais René ne peut pas vendre sa semence, car il n'est pas inscrit au catalogue, c'est-à-dire au registre officiel tenu par le ministère de l'Agriculture.

Le JT
Les autres sujets du JT
Penja, au Cameroun, est devenue la capitale mondiale du poivre en quelques années. Des Français y viennent pour acheter des grains avant de les revendre en France.
Penja, au Cameroun, est devenue la capitale mondiale du poivre en quelques années. Des Français y viennent pour acheter des grains avant de les revendre en France. (France 2)