Alerte aux toxines dans des coquillages de la Méditerranée avec un possible "risque sanitaire"

L'Anses invite à se méfier particulièrement des moules issues de l'étang d'Ingril, dans l'Hérault.

Des huîtres pêchées dans l\'étang de Thau (Hérault), le 2 juin 2019.
Des huîtres pêchées dans l'étang de Thau (Hérault), le 2 juin 2019. (ERIC GUILLORET / BIOSPHOTO / AFP)

La pêche aux moules n'est pas sans risque. Des toxines produites par de minuscules algues sont présentes dans des lagunes méditerranéennes et peuvent contaminer des coquillages, avec à la clé un "risque sanitaire", a averti, mercredi 5 juin, l'agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

L'Anses pointe en particulier l'étang d'Ingril, dans l'Hérault. Elle insiste "sur la nécessité d'éviter toute consommation de coquillages provenant de cette zone". "Aujourd'hui, il n'y a pas de production conchylicole destinée à la commercialisation issue de cette zone", souligne-t-elle toutefois.

L'agence a fait cette recommandation dans le cadre d'un rapport sur les pinnatoxines. Il s'agit de toxines produites par des micro-algues marines (appelées Vulcanodinium rugosum), qui peuvent s'accumuler dans les coquillages.

"Des effets toxiques aigus"

"Ces biotoxines marines ont été identifiées pour la première fois en France, en 2011, dans des moules de la lagune d'Ingril", précise l'Anses. Depuis, "des analyses réalisées dans les moules de cette lagune ont montré des concentrations élevées" de ces toxines chaque année durant plusieurs mois.

Les pinnatoxines "ont également été détectées, dans une moindre mesure, dans d'autres régions en France, notamment dans des moules provenant d'autres lagunes méditerranéennes (Vic, le Prévost, Thau, Leucate) et sur les côtes atlantique et corse", selon l'Anses.

"Les études expérimentales menées chez la souris ont montré des effets toxiques aigus" sur le système nerveux, "pouvant conduire au décès en cas d'ingestion à forte dose", selon l'Anses. Elle souligne néanmoins que chez l'être humain, "aucun cas d'intoxication lié aux pinnatoxines n'a été rapporté à ce jour en France ni ailleurs dans le monde". L'agence sanitaire recommande de "mettre en place une surveillance régulière" des coquillages produits à Ingril et Thau.