Des militaires de la Marine exposés à des fibres d'amiante obtiennent gain de cause face à l'Etat

Les anciens marins ont obtenu entre 3 000 euros et 10 000 euros en fonction du nombre d'années d'embarquement.

Un navire de la marine nationale au large du Havre (Seine-Maritime), le 8 mai 2019.
Un navire de la marine nationale au large du Havre (Seine-Maritime), le 8 mai 2019. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

La cinquantaine de militaires de la Marine nationale, qui demandaient la condamnation de l'Etat pour avoir été exposés à des fibres d'amiante, ont obtenu gain de cause vendredi 21 juin. Les anciens marins ont obtenu entre 3 000 euros et 10 000 euros, en fonction du nombre d'années d'embarquement. "L'Etat employeur avait une obligation générale d'assurer la sécurité et la protection de la santé des travailleurs placés sous sa responsabilité", estime dans un jugement le tribunal administratif de Rennes (Ille-et-Vilaine), qui a examiné chaque cas individuellement.

Exposés entre deux et vingt-sept ans aux poussières d'amiante, reconnues cancérogènes, les marins avaient formé un recours contre le ministère des Armées. Ils estimaient ne pas avoir bénéficié de "mesures de protection individuelles ou collectives efficaces" lors d'embarquements effectués entre les années 1950 et 2000 à Brest. Disant subir un préjudice d'anxiété, ils craignent de développer les symptômes et pathologies dus à l'amiante qui apparaissent parfois 40 ans après.

"Ce sont de très bonnes décisions", s'est félicité auprès de l'AFP Frédéric Quinquis, qui défend 45 dossiers dans cette affaire, estimant que ces jugements "allaient nécessairement avoir un effet boule de neige". Il a notamment évoqué "une nouvelle série" d'actions de ce type contre l'Etat de la part de marins.