Amiante : l'arrêt de l'instruction dans plusieurs dossiers est un "naufrage judiciaire en train de se préparer"

Le parquet de Paris s'orienterait vers un non-lieu pour 14 dossiers sur 30 en rapport avec le scandale de l'amiante. Cette décision pourrait remettre en cause la tenue d'un procès, ce que dénonce mardi l'un des avocats des parties civiles.

Des manifestants réclament un procès dans le scandale de l\'amiante, le 7 octobre 2016 à Paris.
Des manifestants réclament un procès dans le scandale de l'amiante, le 7 octobre 2016 à Paris. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO)

Le parquet de Paris a requis l’arrêt de l’instruction dans 14 enquêtes pénales ouvertes en rapport avec le scandale de l'amiante, a appris mardi 27 juin franceinfo, confirmant une information du Monde.

L'instruction comprend au total 30 dossiers. Le parquet s'oriente, pour 14 d'entre-eux, vers un non-lieu, ce qui fragilise grandement la perspective d'un procès"La décision suggérée par le parquet de Paris paraît complètement aberrante", a réagi sur franceinfo Maître Jean-Paul Teissonnière, avocat de nombreuses parties civiles.

Dates de contamination en cause

Le parquet estime qu'il est impossible de connaître la date de la contamination des victimes qui ont été en contact avec de l'amiante. "La date de la contamination, c'est la même que la date de l'intoxication et c'est la même que les dates d'expositions", s'insurge Me Teissonnière. "C'est un naufrage judiciaire qui est en train de se préparer", insiste-t-il.

En cas de non-lieu, "les victimes engageront toutes les voies de recours nécessaires pour parvenir enfin au renvoi des principaux responsables de la contamination par l'amiante devant le tribunal correctionnel", assure-t-il à franceinfo.

L'affaire a éclaté en 1996 à la suite d'une plainte pour homicides et blessures involontaires, déposée par d'anciens salariés d'Eternit, une entreprise fabriquant des produits recelant de l'amiante.

"Le procès pénal est irremplaçable, l'indémnisation des victimes ne suffit pas", Me Teissonnière, avocat de nombreuses parties civiles, à franceinfo.
--'--
--'--