Anesthésiste de Besançon soupçonné d'empoisonnement : exhumation de quatre corps

Les quatre corps ont été exhumés pour déterminer si leurs décès, survenus au cours d’opérations chirurgicales à Besançon, sont liés à des empoisonnements.

Les victimes ont reçu des doses létales de potassium et d\'anesthésiques.
Les victimes ont reçu des doses létales de potassium et d'anesthésiques.

Entre 2008 et 2017, sept patients, opérés à Besançon, sont empoisonnés. Frédéric Péchier, anesthésiste, est soupçonné d’avoir volontairement empoisonné ces patients pour ensuite exercer ses talents de réanimateur. Les corps des quatre autres patients, décédés dans des circonstances troubles lors d’opérations à Besançon, ont été exhumés : il s’agit de déterminer si leurs décès sont imputables à l’anesthésiste déjà mis en examen.

Quatre corps exhumés

Quatre "exhumations de corps" ont été "réalisées en décembre (...) dans le (...) Jura, avec l'accord préalable des familles", a indiqué le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux. Ces exhumations sont "en lien avec l'affaire (Frédéric) Péchier". Les corps exhumés sont ceux de deux hommes et de deux femmes, décédés dans l’une des cliniques où exerçait M. Péchier. Des prélèvements ont été effectués afin de rechercher la présence éventuelle de produits toxicologiques, et de déterminer si des empoisonnements ont pu avoir lieu.

”L’affaire Frédéric Péchier”

Les interventions de ces sept patients, âgés de 37 à 53 ans, qui se sont déroulées entre 2008 et 2017, ne présentaient pas de difficultés particulières. Pourtant, pendant leurs opérations, tous, ont fait des arrêts cardiaques. Cinq d’entre eux ont été réanimés – les deux autres n'ont pas survécu. Une enquête a déterminé que ces sept personnes avaient reçu des doses létales de potassium et d'anesthésiques, administrées volontairement.

Frédéric Péchier n’était pas en charge de ces patients, mais avait été appelé pour ranimer certains d’entre eux. Ce praticien réputé du milieu médical local a exercé dans les deux cliniques privées où les incidents opératoires se sont produits. Cet argument, ainsi que le fait qu'il ait parfois posé le bon diagnostic pour réanimer ces patients en arrêt cardiaque, le désigne comme principal suspect aux yeux des enquêteurs. Ces derniers le soupçonnent d'avoir sciemment modifié les poches d'injection de ses confrères afin de créer des incidents opératoires pour pouvoir ensuite exercer ses talents de réanimateur. Depuis sa mise en examen en mai 2017, le médecin ne cesse de clamer son innocence.