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Affaire Mediator : seul un dossier d'indemnisation sur huit jugé recevable

Pour plus de 85% des demandes, le lien de causalité entre la prise du médicament et les problèmes cardiaques n'a pas été établi. 

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France Télévisions
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Le Mediator est un médicament anti-diabétique accusé d'avoir provoqué 500 morts et des milliers de pathologies cardiaques.  (PATRICK GUIGUENO / MAXPPP)

AFFAIRE MEDIATOR – L'ampleur du scandale du Mediator, ce médicament anti-diabétique accusé d'avoir provoqué 1 300 morts et des milliers de pathologies cardiaques, a-t-elle été surévaluée ? Dans son édition du mercredi 3 octobre, Le Parisien assure en tout cas que plus de 85% des demandes d'indemnisations envoyées par les victimes présumées ont été jugés irrecevables par les experts du ministère de la Santé.

Les experts de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam), qui ont examiné 831 dossiers, estiment que, dans 712 cas, il n'existe pas de lien de causalité entre la prise du Mediator et les problèmes cardiaques. Et lorsque le lien de causalité est reconnu (112 cas), ils n'ont retenu qu'une incapacité très faible, de l'ordre de 5 à 10%, note le quotidien.

Les experts "ont placé la barre très haut"

Reste que les spécialistes doivent encore examiner plusieurs milliers de requêtes. Et que, selon Irène Frachon, médecin qui a révélé le scandale du Mediator, ils ont placé "la barre très haut pour reconnaître [le lien de] causalité" et ainsi dédommager les victimes, a-t-elle réagi mercredi sur BFMTV.

Dans Le Parisien, Irène Frachon regrette une "divergence" entre les consignes données par l'ex-ministre de la Santé, Xavier Bertrand, et "ce qui se passe réellement aujourd'hui". Tout patient ayant pris du Mediator et ayant développé des problèmes cardiaques causés par le médicament devait être indemnisé, rappelle-t-elle. Or, dans les faits, "les indemnités ne sont accordées qu'en cas de 'déficit fonctionnel'". Une notion suffisamment floue pour que les médecins ne l'interprètent pas tous de la même manière.

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