Santé : annoncer un cancer aux patients, mieux former les futurs médecins

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Présenté parElise Lucet

Diffusé le 27/11/2013Durée : 00h48

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Comment dire à un malade qu'il est atteint d'un cancer? Le CHU de Montpellier propose des stages aux étudiants en médecine de 4e année afin qu'ils abordent au mieux l'annonce du diagnostic. Ce n'est pas prévu dans le cursus, alors que c'est capital pour le malade, sa famille.

Cette femme a appris son cancer du sein il y a deux ans. Une annnonce tellement brutale qu'elle n'a pas compris.

Je ne me suis pas souvenu du nom scientifique du cancer. Elle m'a dit : Vous avez ça. Et là je lui ai dit: Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Elle me répond : Vous avez le cancer.

Comment annoncer le pire ? Une question que se posent tous les étudiants en médecine. Malgré de longues études, personne ne leur avait appris. A Montpellier, les futurs médecins se lancent pour la première fois.

Il y a eu une transformation des cellules qui fait que toute chimiothérapie n'aura plus d'effet.

Et qu'est ce qu'on va faire.

Ils jouent leurs propres rôles. Celui du médecin en situation d'annonce. En face d'eux des comédiens qui leur renvoient les réactions de leurs futurs patients.

Sur le plan du sentiment face au malade, on ressent quelque chose. Voir une mère pleurer même si c'est du faux, c'est quelque chose qu'on va pouvoir retrouver au lit du malade.

J'ai eu les résultats aujourd'hui c'est pourquoi je vous fais venir.

"C'est pourquoi" c'est particulier. Si vous êtes flou, vous créez de l'angoisse.

Gestuelle, diction. Le metteur en scène traque le moindre signe de malaise.

C'est un travail d'écoute, de sensibilisation, d'articulation, d'attention à des mots malheureux. On ne dit pas "houlala" ou "on a fait ce qu'on a pu".

Ne dites jamais une chose pareille, c'est plus dangereux que prévu, elle va s'imaginer qu'elle va mourir.

Ça nous a permis de s'essayer une fois.

Ce cancérologue veille à l'exactitude médicale des annonces. Lui n'a pas eu le choix. Il a appris sur le terrain. Cette approche en douceur, c'est son idée.

Ils ne sont pas jetés, comme aujourd'hui en interne, dans la fosse aux lions, où ils doivent du jour au lendemain annoncer des situations dramatiques a des patients démunis.

On a une chance extraordinnaire ici, j'espère qu'on aura d'autres séances. On en redemande.

En regardant bien votre imagerie, votre scanner, votre IRM, on a pu constater avec le chirurgien qu'il ne pouvait pas intervenir dans l'immédiat sur cette tumeur.

Cette femme a beaucoup appris de cette formation. Elle fait partie des médecins qui ont pu la tester. Depuis la relation à ses patients a changé.

C'est une posture qu'on apprend et qui nous autorise à libérer notre empathie, nos émotions. Chose qu'on n'osait pas faire avant ou qu'on faisait mal. On avait des mouvements parasites qui témoignent d'un malaise.

Montpellier est la seule ville de France qui commence a préparer ces futurs médecins. Partout ailleurs, le malaise reste entier.

A suivre dans ce journal.

Certains pensent déjà aux cadeaux de Noël.

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