Quentin Reynaud, réalisateur du film "5ème Set" : "J'ai voulu montrer l'envers du décor" de Roland-Garros

Le film "5ème Set" sort en salle mercredi. Il raconte la fin de carrière d'un joueur marqué par les blessures mais qui rêve de se qualifier pour Roland-Garros une dernière fois.  

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France Télévisions
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Quentin Reynaud guidant Alex Lutz sur le tournage du film "5ème set". (2020- 22H22 - Films du Cru - Ciné-@ - Apollo Films - StudioCanal - Preasens Film - Gapbusters - Photo Marie Camille Orlando)

Après plusieurs reports en raison de la fermeture des cinémas à la suite de la crise sanitaire, le film "5ème Set" sort mercredi 16 juin dans les salles. Il raconte l'histoire de Thomas Edison, joueur de tennis prometteur en début de carrière mais qui n'a jamais confirmé les attentes placées en lui. Marqué par les blessures mais orgueilleux, il se lance un ultime défi : se qualifier pour Roland-Garros. Quentin Reynaud, le réalisateur du film, évoque la conception du scénario et le tournage sur la terre battue parisienne.

Franceinfo sport : Comment vous est venue l'idée de ce film ?

Quentin Reynaud : Je joue au tennis depuis tout petit. Je connais bien toute la mythologie tennistique et l'histoire de ce sport et j'avais en tête que le tennis pouvait faire un très beau sujet de cinéma. En regroupant les histoires que j'ai entendues, je me suis dit que je pouvais retracer le parcours d'un joueur assez mal classé et en fin de carrière. 

Quelle facette du métier de tennisman avez-vous voulu montrer ?

Je voulais montrer l'envers du décor. Il faut savoir que ce que l'on voit à Roland-Garros, c'est la face émergée de l'iceberg, avec les meilleurs mondiaux, mais que la réalité du circuit est beaucoup plus complexe. Aujourd'hui, si vous êtes au-delà de la 250ème place mondiale, vous ne gagnez même pas votre vie. Le circuit est très dur et participer aux tournois demande énormément d'investissements financiers et familiaux. 

C'est pour cela que vous montrez surtout la phase des qualifications ?

Les qualifications représentent un véritable enjeu financier pour ces joueurs. Ils peuvent toucher 10 000€ dès le premier tour et c'est vite multiplié en gagnant deux ou trois matchs. Lors des qualifications, ces joueurs jouent financièrement une partie de leur saison, pour essayer de se nourrir et de survivre, pas seulement pour gagner. C'est une phase dramatique avec beaucoup d'intensité. 

Pourquoi avoir choisi Alex Lutz pour interpréter Thomas Edison, le personnage principal ? Il n'avait jamais joué au tennis ?

Aucun acteur n'aurait pu avoir le niveau que je demandais pour interpréter ce joueur. Mais pour ce film, le fait de savoir jouer au tennis était assez secondaire. Il me fallait un acteur qui pouvait incarner le joueur, capable de s'investir dans le rôle, même si c'est seulement pour être crédible uniquement entre les points, car ce sont des doublures qui jouaient les scènes de match. Il y a une certaine façon de marcher sur le terrain, de récupérer des balles, de s'essuyer le visage… et je savais qu'Alex pouvait devenir ce joueur. Il a suivi une grosse préparation pendant quatre mois, avec plusieurs heures de sport par jour, pour acquérir le physique, le bronzage, la tenue d'un joueur de tennis, en sachant qu'il ne deviendrait pas ce joueur de tennis. C'était avant tout un travail chorégraphique. Les scènes de matchs ont été tournées avec des doublures. Frédéric Petitjean, ancien 500ème mondial relevait Alex Lutz, et le jeune Jurgen Briand, 93ème joueur français incarnait son rival, Damien Thosso.

Les échanges étaient-ils scénarisés ?

J'avais tout scénarisé. Les séquences des points étaient écrites, les acteurs savaient où ils devaient frapper, mais quand ça ne fonctionnait pas, je ne les arrêtais pas en cours d'échange. Je ne les coupais pas, et parfois ça rendait des échanges plus attrayants que ce qui était scénarisé. 

C'est la première fois qu'un film est tourné à Roland-Garros, qu'est-ce que cela représente pour vous en tant que passionné ?

Oui, c'est la première fiction longue tournée à Roland-Garros. Il a fallu pas mal de discussions avec la fédération. Mais son ancien président Bernard Giudicelli, passées les premières réticences, a vu qu'on avait un profond respect pour ce sport, que je voulais le montrer dans sa beauté et sa pureté, et montrer les valeurs de Roland-Garros : la dureté du tournoi, mais l'expérience exceptionnelle qu'il représente. Et pour un passionné de tennis, c'était incroyable, inouï, de pouvoir tourner ici. C'est le mélange de mes deux passions, et j'avais donc envie de bien faire, et en même temps la pression de ne pas décevoir, d'être à la hauteur du lieu. 

La sortie du film a été reportée plusieurs fois, et finalement, elle intervient juste après la fin de Roland-Garros… 

Oui il y a eu pas mal de reports, mais on se dit que finalement, sortir trois jours après la finale de Roland-Garros, c'est un signe. On espère que Roland-Garros donnera envie aux spectateurs d'aller voir l'histoire de ce joueur, de savoir ce qu'il se passe dans la tête du joueur dans sa vie privée, avant son entrée dans l'arène. 

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