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Donald Trump se soumet au "town hall", exercice de campagne typiquement américain

Donald Trump participait mardi soir à un "town hall", réunion publique dans le cadre de la campagne présidentielle américaine, pour répondre directement aux questions des électeurs. 

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Donald Trump et le présentateur de la chaîne ABC George Stephanopoulos lors du town hall de Philadelphie mardi 15 septembre. 
Donald Trump et le présentateur de la chaîne ABC George Stephanopoulos lors du town hall de Philadelphie mardi 15 septembre.  (MANDEL NGAN / AFP)

Pendant 1h30 Donald Trump a fait face mardi 15 septembre à des électeurs présentés comme indécis et qui ont à tour de rôle interrogé le président américain, candidat à sa propre succession. L'exercice a un nom : "town hall". Et c'est un classique des campagnes électorales américaines. L'événement, qui s'est tenu à Philadelphie, avait tout le décorum d'une émission de télévision. Les génériques convenus pour les shows ont précédé les questions, parfois assez directes, du public. 

"Je suis conservateur", explique Paul, se décrivant comme anti-avortement et diabétique. "Sur la pandémie, je trouve que vous avez fait du bon boulot, mais après vous avez levé le pied. Pourquoi avoir jeté des gens comme moi sous l’autobus ?". Donald  Trump répond un peu à coté et répète que s’il n’avait pas agi comme il l’a fait, il y aurait eu beaucoup plus de morts aux États-Unis. Le débat est ensuite plus policé et au final assez peu captivant.  

Une tradition de plusieurs siècles

Donald Trump est loin d'être le premier à se lancer dans l'exercice. Les premiers town halls remontent en effet au XVIIe siècle, à l’époque des colonies de Nouvelle-Angleterre. Autour des années 1850, Abraham Lincoln organisait également des town halls de ce type pour échanger avec ses concitoyens. Mais on considère que c'est Richard Nixon qui a modernisé le town hall lors de l'élection présidentielle de 1968, avec pas moins de neuf émissions télévisées sur ce format. À l'époque, l'idée avait été lancée par un certain Roger Ailes... celui-là même qui créerait plus tard la chaîne Fox News. 

L'utilisation de ces réunions publiques s'est poursuivie au fil des années et des présidents. Barack Obama par exemple les appréciait beaucoup, aussi bien aux Etats-Unis qu'à l'étranger. Il avait aussi inventé avec ses conseillers le premier town hall organisé sur les réseaux sociaux  

Un théâtre de passes d'armes

Conçu pour des échanges directs entre les élus et le public, les town halls sont aussi des occasions d'observer et d'écouter des joutes oratoires, dont certaines sont restées célèbres. Le second débat entre Hillary Clinton et Donald Trump en octobre 2016 à Saint-Louis (Missouri) en témoigne. 

En 2009, aux élections de mi-mandat, le mouvement conservateur du Tea Party avait également perturbé les réunions démocrates, avec des gens furieux, venus hurler sur les candidats locaux contre le projet Obamacare.  

Le town hall est donc un rendez-vous typiquement américain, pas toujours télévisé mais souvent agité. Jeudi soir c’est le candidat démocrate Joe Biden qui se prêtera à l‘exercice et répondra à des Américains depuis sa ville natale, Scranton en Pennsylvanie. L'Etat où Donald Trump se trouvait mardi soir, et qui semble décidément concentrer tous les efforts des deux candidats.

Donald Trump et le présentateur de la chaîne ABC George Stephanopoulos lors du town hall de Philadelphie mardi 15 septembre. 
Donald Trump et le présentateur de la chaîne ABC George Stephanopoulos lors du town hall de Philadelphie mardi 15 septembre.  (MANDEL NGAN / AFP)