Quatre fois où des "backpackers", ces touristes qui parcourent le monde sac sur le dos, ont énervé les habitants

Les "backpackers", ou routards en français, sont des touristes qui voyagent à moindre frais, en dehors des séjours organisés. Mais l'attitude d'une minorité d'entre eux peut parfois sembler irrespectueuse. 

Des voyageurs portant des sacs à dos, gare de Lyon, en 2006, à Paris (photo d\'illustration).
Des voyageurs portant des sacs à dos, gare de Lyon, en 2006, à Paris (photo d'illustration). (FRED DUFOUR / AFP)

Ils rêvent de parcourir le monde à moindre frais, sac sur le dos et chaussures de randonnée aux pieds. Les "backpackers", ou routards en français, souhaitent voyager de manière autonome, loin des circuits organisés et des lieux les plus touristiques afin de sortir des sentiers battus. Mais, présentée comme une alternative au tourisme de masse, la pratique énerve de plus en plus les habitants des pays visités, excédés par le manque de respect d'une minorité de ces voyageurs.

Voici quatre fois où certains de ces touristes, souvent jeunes et occidentaux, sont allés trop loin. 

1Quand ils ont fait la manche pour financer leur voyage

Une étrange tendance semble émerger chez une poignée de voyageurs sans le sou, notaient Les Observateurs de France 24, le 7 avril. Quelques jeunes occidentaux décident de faire la manche et de demander de l'argent pour pouvoir financer leur voyage ou rentrer chez eux. Cette pratique, très marginale, est même surnommée le "begpacking", une contraction de beg (mendier, en anglais) et de backpacking (randonnée de longue distance).

Maisarah Abu Samah, une jeune Singapourienne qui a pris ces photos dans la cité-Etat, est intriguée par la démarche de ces voyageurs qui, selon Les Observateurs, ne semblent pas être dans le besoin, vu leur appareil photo sophistiqué et leur amplificateur. La jeune fille s'indigne : "Pour nous, c’est très bizarre, on ne comprend pas qu’on puisse demander de l’argent aux autres pour voyager, explique-t-elle. Mendier n’est pas un acte très valorisant, ceux qui le font sont vraiment dans le besoin : c’est pour acheter de la nourriture, payer leur scolarité ou celle de leurs enfants, rembourser des dettes... Mais pas pour quelque chose qui est considéré comme un luxe." 

2Quand une touriste a pris ses aises dans les transports

Narong Thaopanya, un jeune Thaïlandais de 21 ans, se trouve dans un bus entre Bangkok et Sukhothaï le 7 avril quand il est dérangé par une drôle d'odeur : celle des pieds d'une touriste, posés négligemment sur l'appuie-tête. 

"L'odeur de ses pieds empestait dans le bus entier", explique le jeune homme dans une vidéo relayée par le Daily Mail (en anglais). "Il faisait chaud et cela m'a rendu malade, car ses pieds étaient trop près de ma tête." Malgré les demandes insistantes, la touriste refuse de prendre une autre position. L'attitude de la jeune femme, qui le regarde fixement sans esquisser un mouvement, est jugée arrogante. "Aurait-elle fait la même chose si elle était dans son propre pays ?", s'interroge Narong Thaopanya. 

3Quand un Français a insulté un pays et détruit un panneau

C'est avec son sac sur le dos que Cédric Rault-Verpre est sorti du tribunal de Greymouth, en Nouvelle-Zelande, le 20 septembre. Frustré de ne pas avoir été pris en stop pendant quatre jours, le Français, qui dit avoir voyagé dans plus de 80 pays, a détruit un panneau de signalisation et insulté les Néo-Zélandais, rapporte Le Monde

Neil Mouat, un opérateur touristique local, confie au Guardian (en anglais) que cet "enfant gâté de la génération Y" est devenu totalement fou. "Il criait que les Néo-Zélandais étaient des connards et qu’il avait hâte de rentrer en Europe", s'indigne-t-il. Le routard laisse un très mauvais souvenir : "C’est quelqu’un qui donne l’impression de croire que tout lui est dû. Il n’a pas montré le meilleur visage de la France."

Condamné à rembourser 3 000 dollars, le prix du panneau qu'il avait arraché et jeté dans un fleuve, l'homme est sorti du tribunal en lançant : "Vous devriez changer le nom 'Nouvelle-Zélande' en 'Nazi-Zélande'." De quoi envenimer un peu plus la situation. Le maire du village de Punakaiki, où a eu lieu l'incident, a déclaré : "Si nous avions le pouvoir de bannir une personne, nous l'utiliserions certainement contre lui." 

4Quand ils ont introduit drogue et alcool dans les endroits qu'ils ont visités

En quelques années, le petit village paisible de Vang Vieng, au Laos, est devenu le temple de la débauche. Les habitants de la bourgade ont vu débarquer un flot de touristes, prêts à boire des seaux d'alcool bon marché et à glisser sur des toboggans en bambou dans la rivière qui borde la ville, rapporte le Guardian

Un panneau d\'affichage, dans la ville de Vang Vieng où il est interdit aux touristes de porter des bikinis ou des maillots de bains. \"Les Laotiens font très attention au fait d\'être habillé de manière décente\", peut-on lire. 
Un panneau d'affichage, dans la ville de Vang Vieng où il est interdit aux touristes de porter des bikinis ou des maillots de bains. "Les Laotiens font très attention au fait d'être habillé de manière décente", peut-on lire.  (DR)

Cet eldorado pour routards crée certaines tensions, selon le journal. Les jeunes femmes se baladent en bikini et "les fêtards s'évanouissent dans des restaurants qui servent de la drogue et des pizzas tandis que des épisodes de la série Friends passent en boucle". Un mode de vie qui contraste avec celui des habitants locaux, très attachés à la pudeur, qui voient cela comme un affront.

De nombreuses personnes sont mortes d'overdose ou en chutant dans l'eau, ce qui a amené les autorités à fermer la plupart des bars près de la rivière en 2012. Le village compte désormais miser sur un tourisme plus durable.