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Vous en parlerez aujourd'hui. Un député compare voile et serre-tête, crise au sein de La République en marche

Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, Aurélien Taché, député LREM, compare un hijab et un serre-tête et crée une polémique.

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Un serre-tête porté par un mannequin.
Un serre-tête porté par un mannequin. (TIMUR EMEK / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

C’est une pièce en quatre actes qui s’est déroulée tout le week-end et qui devrait trouver son épilogue lundi 4 mars. Une représentation signée Aurélien Taché, député LREM du Val-d’Oise, mis en scène par Aurélien Taché avec au casting, Aurélien Taché, Marlène Schiappa et quelques autres parlementaires. À la production, France 5, RTL et Twitter.

Tout commence samedi dernier, Aurélien Taché, très engagé dans la défense de la laïcité, est interrogé dans l’émission C l’hebdo sur l’affaire de Decathlon qui a souhaité commercialiser puis a retiré un hijab de running. Face au député, la journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui qui avait expliqué que pour elle : "Le voile était un vêtement d’apartheid" demande à Aurélien Taché ce qu’il pense du voilement d’une petite fille. Réponse d’Aurélien Taché : "Vous me posez cette question pour une jeune fille de 12 ans qui porterait le voile, donc qui serait élevée dans une famille musulmane. Est-ce que vous me poseriez la question sur une famille catholique à une jeune fille à qui on met un serre-tête ou autre ? Bien sûr que non."

Marlène Schiappa réagit vivement

Le propos n’est pas relevé. Tout à notre samedi soir, à la piste de danse et aux confettis, personne ne fait attention et dimanche midi, à l’émission Le grand jury RTL - Le Monde, une question sur cette déclaration est posée à l’invitée du jour Marlène Schiappa. La secrétaire d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes n’hésite pas à dégainer : "Sur cette comparaison en particulier, je crois que tout ne se vaut pas. Ce n'est pas un signe religieux. Il n'y a aucun pays dans le monde dans lequel les femmes sont obligées de porter des serre-têtes. Aucune femme dans le monde ne sera lapidée parce qu'elle a refusé de porter un serre-tête."

L’affaire tourne vite à la chasse à courre. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de parlementaires En marche dénoncent cette comparaison. Et c’est vrai qu’en la retournant dans tous les sens, elle est étrange. Etonnant de la part d’un parlementaire de s’attacher au cliché. Les petites filles catholiques ont toutes un serre-tête, les femmes musulmanes un hijab, les riches un pull sur les épaules, les pauvres portent un jogging, les intellectuels ont des lunettes, le paysan une chemise à carreaux et les parlementaires un gros bidon. Aurélien Taché ou la société version "Monsieur Madame". En même temps, ça permet de s’en souvenir.

Acte trois, le député publie une lettre hier soir dans laquelle il s’excuse que ses propos aient pu choquer. Lui qui défend la laïcité, explique que la religion est avant tout une question d’éducation et s’excuse d’avoir comparé le serre-tête à un accessoire religieux. Enfin, acte quatre, aujourd’hui , le bureau exécutif de La République en marche a annoncé qu’il débattra des propos d’Aurélien Taché de manière informelle. La polémique va s’arrêter là, on sent bien que la Fashion week tend tout le monde en ce moment et dire qu’un magazine de mode masculine a titré ce week-end : "Le foulard pour homme, la nouvelle cravate tendance". On attend l’avis d’Aurélien Taché. 

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Un serre-tête porté par un mannequin.
Un serre-tête porté par un mannequin. (TIMUR EMEK / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)