Vous en parlerez aujourd'hui, France info

Vous en parlerez aujourd'hui. Plainte contre Richard Ferrand pour avoir bloqué un journaliste sur Twitter, une première.

Tous les jours de la semaine, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la plainte déposée par un jornaliste bloqué sur Twitter par le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand.

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Richard Ferrand, président de l\'Assemblée nationale.
Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale. (BERTRAND GUAY / AFP)

Etre bloqué sur Twitter est il une atteinte à la liberté d'information ? Pour la première fois en France, un journaliste bloqué sur le réseau social par le président de l'Assemblée nationale à décidé de porter plainte. Une affaire qui a déjà un précédent aux Etats-Unis. Le compte Twitter du président de l’Assemblée nationale est-il un compte comme un autre ou est-il d’intérêt public ?

Ce journaliste s’appelle Guillaume Tatu. Il se définit comme journaliste indépendant assez proche de la France insoumise puisqu’il faisait partie du pôle médias de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Depuis septembre, le président de l’Assemblée nationale le bloque car, selon le journaliste, il n’aurait pas apprécié que soient relayés des articles sur l’affaire des Mutuelles de Bretagne dans laquelle Richard Ferrand est sous le coup d’une information judiciaire. Quand on est militant, être bloqué sur Twitter par son adversaire, c’est un Austerlitz numérique, on obtient des galons. D’ailleurs si vous êtes coutumier du réseau social, il est assez surprenant de voir que de nombreux utilisateurs affichent leur fierté d’être bloqué par untel ou untel. Ne pas être bloqué par quelqu’un sur Twitter, c’est avoir raté sa vie. La seule personne m’ayant bloqué sur Twitter s’appelle Kiki Burritos, oui, mes propos dérangent.

Empêcher d'être informé correctement du quotidien de quelqu'un

Bref, il est très courant que les politiques bloquent les journalistes. Marine Le Pen est coutumière de l’action tout comme Nadine Morano par exemple. Là, c’est une première car le journaliste explique qu’en le bloquant Richard Ferrand l’empêche d’être informé correctement sur le quotidien du quatrième personnage de l’État. Quand on traîne sur le profil Twitter du président de l’Assemblée nationale, on découvre qu’il soutient le gouvernement, qu’il s’est rendu à Chateauneuf-du-Faou visiter des gîtes communaux et qu’il n’est pas fan des "gilets jaunes", voilà ! Mais l’avocat de Guillaume Tatu explique que Twitter est un média comme un autre, donc on doit y avoir accès.

En-dehors de la démarche militante un peu caricaturale, la question est de savoir à partir de quand un profil privé sur les réseaux sociaux devient-il un profil public ? En gros, puis-je continuer à mettre des photos de karaoké chinois sur les réseaux sociaux quand je deviens président de l’Assemblée ? Ce cas a été tranché aux Etats-Unis, où la justice a interdit à Donald Trump de bloquer des opposants sur son compte, jugeant que le fait de bloquer et d’interdire de commenter les tweets présidentiels était anticonstitutionnel. La justice française tranchera-t-elle dans ce sens concernant Richard Ferrand ? Sinon, allez un conseil, on peut créer un compte sous une autre identité mais c’est l’un des plus grand secret du XXIe siècle, ça reste entre nous.  

Richard Ferrand, président de l\'Assemblée nationale.
Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale. (BERTRAND GUAY / AFP)