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Twitter durcit le ton contre les responsables politiques... et Donald Trump

Le réseau social durcit le ton face aux messages des politiques incitant à la violence ou à la haine. Des mesures qui visent Donald Trump, mais qui pourraient rester symbolique pour les autres.

Le président américain Donald Trump, le 28 juin 2019, lors de son arrivée au Sommet du G20, à Osaka (Japon).
Le président américain Donald Trump, le 28 juin 2019, lors de son arrivée au Sommet du G20, à Osaka (Japon). (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

Les politiques et les gouvernants sont-ils des gens haineux comme les autres ? Pour Twitter, ça ne fait aucun doute. Jeudi 27 juin, le réseau social américain a durci le ton contre les responsables politiques qui publient des contenus haineux ou violents. Twitter a des règles claires en ce qui concerne tous les messages appelant spécifiquement à la violence contre un individu ou une communauté, glorifiant le terrorisme ou harcelant une personne en particulier. Mais les limites deviennent floues quand les messages proviennent d'un responsable de haut niveau.

Désormais quand tel gouvernant écrira un tweet litigieux, un message le précédera expliquant qu’il contrevient aux règles, mais le message en question ne sera pas supprimé, car "il participe au débat public", selon les responsables de Twitter. À noter que Twitter ne s’intéressera qu’aux comptes des politiques dépassant 100 000 abonnés et certifiés par la firme californienne.

Une mise en cause à peine voilée

Mais à quelle personne cette mise en garde peut bien s’adresser ? A Donald Trump bien sûr. Dégainant des tweets à la seconde, le président américain a le sens du dérapage. D’ailleurs, depuis quelques semaines, Trump et Twitter sont fâchés. Le président américain accuse le réseau social de rouler pour les démocrates et conteste le fait que le réseau social ait restreint l’accès à des figures de l’extrême droite américaine. Trump hurle à la censure et n’hésite pas à dénoncer le réseau social en tweetant, un peu comme les gens qui regardent des émissions de télé-réalité en se justifiant : "Je regarde parce que c’est tellement nul." C'est complexe !

L’entreprise américaine se veut offensive face à Trump et ses 61 millions d’abonnés parce qu'elle est américaine, mais quand Matteo Salvini dérape sur le migrant ou que Rodriguo Duterte, le délicat président philippin, relaye une vidéo faisant l’apologie du viol et du massacre des héroïnomanes, on se demande si Twitter sera aussi attentif ? Il y a aussi le côté victimaire. À chaque fois qu’en France, par exemple, un député ou un élu est remis en place pour des propos haineux, il évoque un bâillonnement de la liberté d’expression alors qu’il s’agit surtout de la liberté de n’importe quoi. Beaucoup de populistes pourraient se servir de cette notification twitter pour montrer à quel point leurs discours dérangent les puissants, donc prudence. 

Le président américain Donald Trump, le 28 juin 2019, lors de son arrivée au Sommet du G20, à Osaka (Japon).
Le président américain Donald Trump, le 28 juin 2019, lors de son arrivée au Sommet du G20, à Osaka (Japon). (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)