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Sotchi se prépare aux Jeux olympiques d'hiver

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Ce Samedi Edwige Coupez et Yann Bertrand reviennent sur une série de reportages à Sotchi, en Russie, à moins d'un mois du début des Jeux olympiques d'hiver.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Franceinfo (Franceinfo)

Sotchi est avant tout
une station balnéaire au bord de la mer Noire, prisée depuis toujours de la nomenklatura russe. C'est
donc là que Vladimir Poutine a choisi d'organiser ses grands Jeux olympiques.

Mais très vite, à
quelques mètres de la plage, le bruit des marteaux-piqueurs et des tracteurs
s'empare de l'atmosphère. Car oui le chantier est encore en cours, au grand dam
de nombreux habitants. La majorité des sites
dédiés aux compétitions, comme le stade olympique d'Adler, sont déjà
construits. Ce sont en quelque sorte les finitions qui restent, les
"détails" cachés derrière de grandes palissades bleues que l'on
peut apercevoir partout autour de Sotchi.

Dans les collines qui entourent la
ville, des gratte-ciels ont fait leur apparition. Ce qui ne plaît pas beaucoup
aux habitants, qui ont vu de nombreux espaces verts être détruits au fil des
mois. Les habitants sont
évidemment partagés. D'un côté, il y a les mécontents, ceux qui subissent les
coupures d'eau et d'électricité, les embouteillages monstres et la police
omniprésente. Et de l'autre, ceux qui ont hâte de montrer leur hospitalité, et
la capacité de leur pays à organiser un événement tel que les Jeux olympiques,
avec à cœur de montrer que la Russie de Vladimir Poutine n'est pas celle tant
décriée dans les pays occidentaux.

Nombreuses polémiques

Pour l'instant, la
situation est assez calme sur le front des polémiques, on pourrait dire que les
militants présents sur place fourbissent leurs armes. Il n'a pas été facile de
rencontrer par exemple des associations de défense des droits homosexuels,
alors que les critiques contre les lois émises par Poutine sont très violentes
ici en Europe. En revanche, le débat
sur les travailleurs immigrés, exploités lors du chantier, est bien présent.

Autre préoccupation,
l'écologie. La vallée de Krasnaya Polyana, où a été construite la station qui
accueillera les épreuves alpines des Jeux, a été largement déboisée. Les
déchets du chantier ont pollué des cours d'eau et des sources d'eau potable,
tandis que de nombreuses maisons individuelles ont été détruites.

La sécurité omniprésente

C'est un sujet important
et préoccupant, surtout depuis les deux attentats-suicides survenus à Volgograd,
il y a moins de deux semaines. Et d'ailleurs, depuis quatre jours, la sécurité
a été considérablement renforcée à Sotchi et dans sa région. Il faut dire que la
région du Caucase est très dangereuse, et le Kremlin craint beaucoup les
islamistes présents au Daguestan ou en Tchétchénie, juste à côté.

Forcément, cela va
influer sur les conditions de travail des journalistes. Les routes autour de
Sotchi seront notamment très surveillées, et les milliers de journalistes
étrangers sur place n'auront certainement pas une totale liberté de mouvement.
Mais ce n'est rien à côté du travail des journalistes locaux. Eux, souffrent
toute l'année d'un manque de liberté insidieux. Insidieux parce
qu'officiellement la parole est libre dans la presse, mais la censure s'exerce
par l'argent. Un système de subventions accordées par le gouverneur et la
mairie permet de sanctionner ou au contraire de récompenser les journalistes. Il
existe donc très peu de médias indépendants à Sotchi.

Tous
espèrent que les projecteurs braqués sur la ville et sur le pays fassent
avancer les choses en Russie. C'est aussi ce qu'espèrent tous les militants
présents sur place, qui entendent profiter à fond des quelques mètres carrés
accordés par Vladimir Poutine pour manifester. Pour beaucoup, cette zone spéciale
sera un coin de liberté. Reste à voir jusqu'où les autorités accepteront de les
laisser aller.

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