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Nouvelle puissance spatiale, la Chine lance le premier module de sa station concurrente de l'ISS

L'actualité spatiale ne se limite pas à la mission de Thomas Pesquet : la Chine s’affirme comme la puissance montante sur ce terrain. Elle vient de faire décoller la 1ère partie de sa propre station spatiale, prochaine concurrente de l’ISS.  

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Le lancement de la fusée Longue Marche (29 avril 2021).
Le lancement de la fusée Longue Marche (29 avril 2021). (STR / AFP)

Le ciel était nuageux, chargé de pluie ce 29 avril matin, au-dessus du pas de tir de l’île de Hainan, dans le Sud de la Chine. Ça n’a pas empêché le décollage, retransmis en direct avec tambours et trompettes à la télévision chinoise. Compte à rebours puis allumage des moteurs et un décollage parfaitement réussi. La fusée Longue Marche, opérationnelle depuis 2 ans, s’est élancée sans problème, avant de mettre en orbite le module Tianhe, ça veut dire "Harmonie Céleste". Tianhe fait 16 mètres de long, pèse 22 tonnes. Et ce sera le module principal de la future station internationale chinoise puisqu’il constituera le lieu de vie des futurs astronautes ou taïkonautes comme on dit en Chine. C’est évidemment un motif de fierté nationale dans le pays, et le président Xi Jinping a salué tout à l’heure ce décollage réussi.  

Plus petite que l'ISS mais rapidement opérationnelle

La station spatiale chinoise s’appellera Tiangong, Palais Céleste. 3 à 4 fois plus petite que l’ISS, elle ressemblera davantage à l’ancienne station soviétique Mir. Elle sera en orbite basse, à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, pèsera une centaine de tonnes. Et elle pourra accueillir jusqu’à 6 personnes. En plus du module principal Tiangong possèdera un télescope, deux laboratoires installés dans deux autres modules, et plusieurs panneaux solaires. Le plus impressionnant, c’est la vitesse à laquelle la Chine entend déployer ce projet. Les missions suivantes sont prévues dès le mois prochain, avec l’arrimage d’un vaisseau cargo sur le module principal. Puis en juin, avec l’envoi de premiers astronautes pour superviser l’élaboration de ce meccano géant. L’objectif c’est d’avoir tout achevé d’ici un an et demi, autant dire demain. Il y aura alors deux stations spatiales opérationnelles autour de la Terre. 17 pays étrangers, en particulier la Russie et le Pakistan, ont déjà manifesté leur intérêt pour un partenariat avec le projet chinois.  

Un déploiement spatial tous azimuts

C'est la confirmation que sur ce terrain-là aussi, l’espace, la Chine se pose en grand rival des États-Unis. Il y a 20 ans, la Chine n’existait pas sur ce secteur spatial. Et la voilà désormais en train de concurrencer directement les États-Unis. La Chine possède désormais près 350 satellites en orbite, c’est moins que les États-Unis, mais c’est plus que l’Europe ou la Russie. Au cours des deux dernières années, elle a posé un engin spatial sur la face cachée de la Lune (une première mondiale), elle a rapporté des échantillons de pierre lunaire. Et a elle a finalisé son propre système de navigation par satellite, Beidou. Exclue par Washington de l’ISS, la voici qui développe donc désormais sa propre station spatiale. Et elle s’apprête à envoyer un robot sur Mars. La Chine est désormais une puissance spatiale majeure et ça inquiète l’Occident. En particulier parce que le programme spatial chinois est contrôlé par les militaires. C’est un général qui dirige l’affaire. Et ce programme augmente donc aussi les risques d’une future "guerre des Étoiles".  

Le lancement de la fusée Longue Marche (29 avril 2021).
Le lancement de la fusée Longue Marche (29 avril 2021). (STR / AFP)