Lutte contre le paludisme : un vaccin déployé au Ghana marque l'aboutissement de 30 ans de recherche

Le Ghana a approuvé la commercialisation d'un vaccin antipaludique dont l'élaboration et la distribution résultent d'une étroite coopération internationale.
Article rédigé par franceinfo, Jean-Sébastien Soldaïni
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un bébé est vacciné contre le paludisme par une infirmière à la maternité de la polyclinique Ewin à Cape Coast, au Ghana, le 30 avril 2019. (photo d'illustration) (CRISTINA ALDEHUELA / AFP)

Le Ghana a fait le choix, en avril, de donner son feu vert pour administrer un vaccin contre le paludisme à grande échelle. Le R21/Matrix M est efficace chez 77% des personnes qui l’ont déjà reçu. C’est le premier traitement antipaludique à dépasser la recommandation de l’OMS, une barre fixée à 75%. Ce vaccin est injecté aux enfants de moins de 3 ans, tout simplement parce que c’est la tranche d’âge la plus exposée au risque de décès à la suite d'une contamination par la malaria. Le Ghana veut aller vite. Les autorités du pays n’ont même pas attendu la publication des résultats définitifs des essais tant ils sont confiants. 

Si ce vaccin peut ainsi être déployé en Afrique et au Ghana, c’est grâce à une étroite coopération internationale.Ce sont des chercheurs de l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, qui l’ont mis au point au bout de 30 ans de recherches. L'Inde est également impliquée, un géant mondial de l’industrie pharmaceutique, capable de produire 200 millions de doses par an.

Les effets désastreux du changement climatique

Le coût de ce vaccin est modeste comparé aux autres, et surtout il n’est pas compliqué à produire, si bien qu’à terme sa fabrication pourra se faire en directement en Afrique. De quoi faciliter encore plus sa distribution sur ce continent, comme si les leçons du Covid avaient été retenues après les quelques cafouillages pour donner accès au vaccin aux populations africaines.

Le paludisme est, rappelons-le, la cause de 620 000 morts par an. Est-ce vraiment fini avec ce vaccin ? Pas forcément, malheureusement. Une donnée vient bouleverser toutes les prédictions en ce qui concerne cette maladie : le changement climatique. Les inondations, les cyclones. apportent beaucoup d’eau sur certaines régions. Une eau qui stagne, favorise l’apparition et la propagation des moustiques, le vecteur du paludisme. Les pluies au Pakistan au cours de l’été 2022 ont été suivies par un boom des contaminations. Elles ont été multipliées par quatre. Des conséquences similaires onté été observées aux abords de l’Océan indien après le passage de l’ouragan Freddy. Si la fréquence de ces événements continue d’augmenter, le vaccin contre la malaria ne sera qu’un frein, pas un moyen d’éradication. 

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