Ligue des champions : Liverpool, un club particulier dans une ville particulière aux forts accents catholiques dans un pays anglican

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C’est l’événement sportif de cette fin mai: la finale, ce samedi 28 mai à Paris, de la Ligue des Champions de football, entre le Real Madrid et Liverpool. Et Liverpool possède de vraies particularités, pas uniquement sportives : la ville possède un fort héritage catholique.

Article rédigé par
Jean-Marc Four - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Des supporters du LFC dans le stade d'Anfield, à Liverpool (Royaume-Uni) le 23 mai 2021 (HAN YAN / XINHUA)

C’est une vraie spécificité en Angleterre, dans un pays où les catholiques romains ne représentent que 7% de la population. Les anglicans sont majoritaires, à peu près un Britannique sur deux. Pour comprendre la spécificité de Liverpool, il faut remonter à 1840 : la Grande famine frappe l’Irlande, juste en face, à 200 km à vol d’oiseau. Des milliers d’Irlandais émigrent et se retrouvent à Liverpool, en particulier dans les quartiers nord, qui aujourd’hui encore abritent les stades des deux clubs de la ville. Les catholiques représentent très vite 25% de la population. La situation se tend avec les Anglicans, à tel point qu’en 1909, de violents affrontements opposent les deux communautés. Des milliers de familles déménagent. En raison de ces tensions, Liverpool est alors comparée à Belfast, en Irlande du Nord.

Au fil du 20ème siècle, l’appartenance religieuse s’estompe, tous comme les divisions entre communautés. Mais Liverpool (500 000 habitants) demeure une ville où l’héritage catholique est fort, contrairement par exemple à sa voisine Manchester. Il y a quelques années, l’ancien Premier ministre Tony Blair s’est converti au catholicisme. Pourquoi ? Parce qu’il y a été amené par sa femme Cherie, catholique convaincue, originaire de Liverpool.  

Paroisses catholiques et chant aux accents bibliques

Everton, le premier club de Liverpool est créé en 1878 par une paroisse catholique. Et au départ seuls les catholiques, souvent d’originaire irlandaise, y jouent. Ensuite Everton s’ouvre aux anglicans. Le Liverpool Football Club apparaît, mais dans le même quartier, juste à côté. Et aujourd’hui encore, parmi ses supporters, il y a de nombreuses familles d’origine catholique. D’où la comparaison fréquente avec le Celtic Glasgow, le club écossais à dominante catholique en opposition au Glasgow Rangers protestant. En 1989, après la tragédie d’Hillsborough, qui voit la mort de 97 supporters de Liverpool, la cérémonie d’hommage réunit une foule immense dans la cathédrale de la ville, le plus grand édifice catholique du Royaume-Uni.

Aujourd’hui encore, plusieurs joueurs ont été formés dans des écoles catholiques, comme le défenseur Trent Alexander Arnold. Et puis il y a bien sûr l’emblème, le chant des supporters, le célèbre You’ll never walk alone, un tube pop aux accents un peu bibliques…  

Les vedettes musulmanes Salah et Mané

C'est dans ce paysage qu'est apparu un fait nouveau: la présence de joueurs stars musulmans, les attaquants vedettes : le Sénégalais Sadio Mané, et plus encore l’Égyptien Mohammed Salah, meilleur buteur du championnat anglais. Les deux joueurs ne font pas mystère de leur foi et observent souvent une prière après leurs buts. Une étude universitaire très sérieuse a démontré que depuis leur arrivée, les actes d’islamophobie ont diminué à Liverpool. Une évolution d’autant plus importante que la ville compte aussi la plus ancienne communauté noire du Royaume-Uni.

Les supporters des Reds, qui passent leur temps à chanter pendant les matchs, ont même créé un nouvel hymne à la gloire de Salah. Où ils chantent : "If he scores another few, I’ll be muslim too" ("S’il met encore quelques buts, je me fais musulman moi aussi"). Liverpool n’est décidément pas un club comme les autres.  

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