Législatives 2024 en France : Vladimir Poutine se réjouit des ennuis d'Emmanuel Macron

Le coup de tonnerre de la dissolution décidée dimanche par Emmanuel Macron a aussi des implications sur la scène internationale. À Moscou, Vladimir Poutine se frotte les mains de voir un allié proche de l’Ukraine en difficulté.
Article rédigé par Christian Chesnot
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, lors d'une rencontre à Versailles, en mai 2017. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. La décision d'Emmanuel Macron, dimanche 9 juin, de dissoudre l'Assemblée nationale, après une large victoire du RN aux élections européennes a aussi des répercussions sur la scène internationale. Certes, Emmanuel Macron n'est pas le seul à traverser une zone de grande turbulence intérieure. En Allemagne, Olaf Scholz est également confronté au défi de l'extrême droite après les européennes et le score de l'AfD, le Britannique Rishi Sunak est déjà en pleine campagne électorale, sans parler de Joe Biden qui n'est pas assuré d'être réélu à la Maison Blanche en novembre prochain.

Les tensions entre Paris et Moscou vont crescendo ces derniers temps, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron, qui s'opposent frontalement, ne se parlent plus depuis longtemps. Donc, forcément, les ennuis du chef de l'État français sont du pain béni pour le maître du Kremlin. La presse russe s'en donne d'ailleurs à cœur joie pour cibler Emmanuel Macron. Elle n'hésite pas à parler d'un président illégitime, condamné à jouer le rôle du canard boiteux, c'est-à-dire d'un président affaibli, jusqu'à la fin de son mandat.

La parole élyséenne affaiblie à l’international

Qu'on le veuille ou non, la crédibilité du président français est écornée au plan international. D'abord auprès de ses alliés européens qui s'interrogent sur l'évolution politique dans l'Hexagone. Or, en diplomatie, le doute n'est jamais bon. Car la grande incertitude des urnes démonétise de façon mécanique la parole élyséenne, mise en sourdine le temps de la campagne électorale, et ce, au moment où Emmanuel Macron vient de franchir un cap dans la livraison d'armes à l'Ukraine, notamment avec l'annonce de la fourniture de Mirage 2000-5.

Pour le président ukrainien, Volodymir Zelensky, dont l'armée est en difficulté, l'affaiblissement de la posture française serait une mauvaise nouvelle. Sous la Ve République, la diplomatie et la défense sont considérées comme deux domaines réservés du président, mais qui doit, au moins formellement, rendre des comptes à l'Assemblée nationale. Or, une future cohabitation n'est pas à exclure, et dans ce cas-là, Emmanuel Macron n'aurait plus les mains complètement libres sur la scène internationale. Vladimir Poutine le sait très bien, et pourrait même profiter de cette conjoncture politique incertaine et volatile pour intensifier sa guerre de déstabilisation informationnelle contre la France, au moment des Jeux olympiques.

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