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Le Noël est amer en Arménie après la défaite dans le Haut-Karabakh

Dans ce pays où la majorité de la population est chrétienne, beaucoup d'habitants ont le sentiment d'avoir été abandonnés par la communauté internationale. Et la rancœur de la foule est désormais dirigée contre le Premier ministre.

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Un homme agite un drapeau arménien devant les forces de l\'ordre lors d\'un rassemblement pour demander la démission du Premier ministre Nikol Pashinyan, à Erevan le 24 décembre.
Un homme agite un drapeau arménien devant les forces de l'ordre lors d'un rassemblement pour demander la démission du Premier ministre Nikol Pashinyan, à Erevan le 24 décembre. (KAREN MINASYAN / AFP)

Un Noël de colère dans cette Arménie chrétienne, traumatisée par la défaite que lui a infligée dans la région du Haut-Karabakh l'Azerbaïdjan musulman soutenu par la Turquie de Recep Tayiip Erdogan. Un dossier abordé cette semaine en marge d'une conversation entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, mais la communauté internationale a entériné de facto l'accord qui pour l'instant a mis fin à la guerre.

Grève générale et mobilisation

Près de 6 000 personnes ont trouvé la mort dans les deux camps au cours de ce conflit qui a duré un mois et demi. En Arménie depuis plusieurs jours, grève générale et mobilisation se poursuivent contre le gouvernement, accusé à la fois d'être responsable de la déroute militaire et d'avoir accepté la défaite.

Les manifestants ciblent le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, porté au pouvoir en mai 2018 par une révolution pacifique et des grèves massives qui avaient elles-mêmes entraîné la démission de son prédécesseur. L'histoire semble donc bégayer, mais le contexte a totalement changé. Désormais la foule veut faire payer au chef du gouvernement l'échec de sa politique étrangère et militaire. Mardi dernier, les protestataires ont installé un campement devant le siège du gouvernement.

Nikol Pachinian a l'intention de conserver le pouvoir

Début décembre le Premier ministre arménien avait indiqué qu'il ne démissionnerait pas. Il avait ignoré l'ultimatum de l'opposition, qui lui enjoignait de partir. Nikol Pachinian arguait de la priorité d'organiser le retour des prisonniers de guerre et le rapatriement des corps des victimes. Le chef du gouvernement arménien est un ancien journaliste aujourd'hui âgé de 45 ans, ex-figure de l'opposition et plusieurs fois élu député.

Nikol Pachinian a longtemps incarné l'espoir de remplacer les élites post-soviétiques corrompues. Mais la déroute des forces arméniennes et la perte de plusieurs territoires l'a discrédité aux yeux d'une partie de la population. Lundi dernier, des manifestants ont obligé Nikol Pachinian à mettre fin à une visite dans le sud du pays, déplacement censé participer au deuil national de trois jours à la mémoire des victimes de la guerre.

Un homme agite un drapeau arménien devant les forces de l\'ordre lors d\'un rassemblement pour demander la démission du Premier ministre Nikol Pashinyan, à Erevan le 24 décembre.
Un homme agite un drapeau arménien devant les forces de l'ordre lors d'un rassemblement pour demander la démission du Premier ministre Nikol Pashinyan, à Erevan le 24 décembre. (KAREN MINASYAN / AFP)