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La guerre autour du prix du pétrole est relancée par le coronavirus

C’est l’une des conséquences de la crise du coronavirus, depuis quelques semaines une autre bataille se déroule dans le monde, celle du pétrole.

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La raffinerie de Total à Donges (Loire-Atlantique), le 22 juin 2017.
La raffinerie de Total à Donges (Loire-Atlantique), le 22 juin 2017. (LOIC VENANCE / AFP)

Le prix du baril de pétrole a considérablement baissé pour se situer entre 25 et 30 dollars, Arabie saoudite et Russie sont à la manœuvre, les autres pays producteurs regardent passer les coups et révisent leurs budgets à la baisse... Que se passe-t-il au pays de l’or noir ?

La première chose à dire c’est que la pandémie de coronavirus a fait baisser considérablement le besoin de pétrole. La Chine a arrêté de produire pendant deux mois et aujourd’hui c’est toute la planète qui vit au ralenti et qui achète moins de pétrole. Un exemple : les avions qui ne volent plus. Or le secteur aérien c’est 8% de la consommation mondiale. Donc moins de demande. Mais en revanche pour le moment il y a toujours autant de pétrole voire plus sur le marché. Et notamment parce que les Russes et les Saoudiens, qui sont des gros producteurs, ont refusé de revoir leurs productions à la baisse début mars.

Une guerre des prix qui ne profite à personne

Pas aux Russes qui ont besoin d’un pétrole autour des 40 dollars le baril pour équilibrer leur budget. Pas aux Saoudiens qui ont besoin d’un pétrole à 80 dollars pour équilibrer leur budget. Pas aux Américains qui eux ont besoin d’un baril à 50 dollars, qui équivaut au prix de revient de l’exploitation du gaz de schiste. Et pas à tous les autres pays producteurs  qui eux vont souffrir économiquement si le prix du pétrole s’effondre ; on pense à l’Algérie, au Venezuela ou encore au Nigeria, premier producteur africain qui vient d’annoncer des coupes dans son budget pour s’en sortir et éviter une crise économique trop grave.

Si personne n’a intérêt à cette baisse, pourquoi Russie et Arabie saoudite n’arrivent-elles pas à s’entendre ? C’est essentiellement une histoire d’égos. La Russie n’a pas aimé la façon dont l’Arabie saoudite a voulu lui imposer cette baisse de production. Poutine a trouvé que son pays n’avait pas à répondre à une sorte d’ultimatum saoudien, d’autant qu’il minimise l’impact du Covid-19 à long terme. Et comme la Russie s’est braquée, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane s’est lui aussi braqué en ouvrant les vannes de la production.

Cette bataille de cour de récréation peut durer longtemps car Russie et Arabie saoudite ont de quoi tenir un peu dans ce jeu de bras de fer. Mais une fois encore, ce sont les États-Unis qui risquent de siffler la fin de la récréation. Donald trump a prévenu qu’il s’exprimera le moment venu sur le sujet et cela pourrait ne pas tarder. En attendant et comme toujours, ce sont les peuples qui dépendent du pétrole qui vont payer dans leur vie de tous les jours le prix de cette guerre inutile.

La raffinerie de Total à Donges (Loire-Atlantique), le 22 juin 2017.
La raffinerie de Total à Donges (Loire-Atlantique), le 22 juin 2017. (LOIC VENANCE / AFP)