La course au développement des armes hypersoniques

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Direction l'espace où les puissances nucléaires, États-Unis, Russie et Chine en tête, semblent en passe de relancer une véritable course aux armements.

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Radio France
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Un homme marche parmi des missiles de croisière supersoniques lors du 13e Salon international de l'aviation et de l'aérospatiale de Chine à Zhuhai, dans la province du Guangdong (sud de la Chine), le 28 septembre 2021.  (NOEL CELIS / AFP)

C'est un scoop du quotidien britannique The Financial Times (article en anglais, pour abonnés) le 16 octobre dernier qui depuis le début de la semaine met en émoi le petit monde des spécialistes de l'armement. Citant des professionnels du renseignement, le quotidien britannique affirme en effet que Pékin a testé avec succès cet été un tout nouveau planeur hypersonique à capacité nucléaire. Un engin ultra rapide et quasi indétectable pour les systèmes anti-missiles qui protègent, par exemple, les États-Unis.

Certes, ce n’est pas le premier missile ou véhicule spatial ultra rapide que fabrique la Chine. Et, quand on parle de vitesse hypersonique c'est au moins cinq fois la vitesse du son, soit plus de 6 000 km/h. Les fusées et les missiles balistiques classiques, ceux qui emportent des ogives nucléaires, sont bien plus rapides. Mais leur trajectoire est simplement elliptique, c’est-à-dire prédictible une fois que l'on a repéré leur lancement. On peut donc mettre en place des contre-mesures : des missiles anti-missiles pour les intercepter.

Le planeur hypersonique, lui, est manœuvrant, il peut changer de direction. Qui plus est, l'appareil qui a été expérimenté par la Chine cet été selon le Financial Times, ce que Pékin dément, aurait été lancé à l'aide de ce qu'on appelle un "système de bombardement orbital fractionné". Cette technique inventée par la Russie soviétique durant la guerre froide permet par exemple de lancer un engin sur une demi-orbite terrestre, une orbite très basse, passant par le pôle Sud par exemple, avant de redescendre en planant vers les États-Unis. Un vecteur d'autant moins détectable que les défenses anti-missile américaines sont plutôt orientées vers le Nord.

D'autres États développent aussi leurs engins hypersoniques

La Chine n'est pas le seul pays à avoir développé ce type d'arme. Les États-Unis ont plusieurs véhicules militaires hypersoniques en développement. La Russie est également très avancée dans le domaine. Le Kremlin a annoncé avoir réussi début octobre le lancement d'un missile hypersonique depuis un sous-marin nucléaire lanceur d'engin, en mer de Barents. Le Royaume Uni, le Brésil ou l'Inde travaillent également à la mise en œuvre de missiles ou de planeurs hypersoniques. La France elle-même devrait tester en vol, d'ici la fin de l'année, son propre planeur hypersonique : le V-Max.

Le problème de la Chine, c'est qu'elle se positionne de plus en plus non seulement comme adversaire des États-Unis, mais de plus en plus comme un véritable ennemi. Un ennemi d'autant plus inquiétant qu'il est en train de fourbir son arsenal nucléaire dans les grandes largeurs. Cet été, à peu près au moment où Pékin testait son planeur hypersonique, les photographies satellites de l'ouest de Pékin et du centre du pays révélaient la mise en chantier de deux sites de lancement de missiles nucléaires. En tout, plus de 200 nouveaux silos étaient repérés. Contrairement à la Russie, la Chine n'est en effet liée par aucun traité de désarmement ou de limitation des armements stratégiques et semble bien partie pour (re)lancer une véritable course aux armements. Avec son planeur hypersonique elle a pris une longueur d’avance.

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