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La Californie féminise ses grandes entreprises

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Tous les jours "un monde d'avance" donne un coup de projecteur sur une actualité à l'étranger restée "sous les radars" et qui pourrait nous échapper. Aujourd'hui, direction la Californie qui s'attaque à la parité à la tête des entreprises. 

Article rédigé par
Édité par Thomas Pontillon - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Indra Nooyi, PDG de Pepsi, est l'une des rares femmes à diriger une grande entreprise aux États-Unis, mais elle prend sa retraite.  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

La Californie veut mettre fin à l’omniprésence des hommes dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Dimanche 30 septembre, le gouverneur de l'État a signé la loi 826. Elle prévoit que d’ici la fin de l’année prochaine, toutes les sociétés californiennes cotées en bourse, devront compter au moins une femme dans leur conseil d’administration. Et d’ici 2021, elles devront en compter au moins trois.

Premier texte contraignant pris par un État

"Beaucoup de gens n’ont pas compris le message", écrit le gouverneur Jerry Brown, "il est grand temps de prendre en considération les personnes qui représentent la moitié de la population". En cas de non respect de cette loi, les amendes seront significatives : entre 100 000 et 300 000 dollars.

Ce type de législation existe déjà dans plusieurs pays européens, mais pas aux États-Unis : la Californie devient donc le premier État américain à mettre en place un texte contraignant. Et cela concerne évidemment de très grosses entreprises, vu les "géants" qui y sont basés : Google, Facebook, Apple, etc. Nombre d’entre eux sont en retard en la matière : par exemple, Airbnb n’avait aucune femme dans son conseil d’administration jusqu’à fin août.

Le chantier de la parité reste important 

Les réticences sont fortes aux États-Unis face à ce type de législation. Même en Californie, la Chambre de commerce a cherché à s’opposer au texte, en affirmant qu’il pouvait être discriminatoire pour les hommes ! Et globalement, aux États-Unis, les femmes ne représentent que 17% du total des administrateurs des 3 000 plus grosses entreprises. La féminisation ne s’opère que très lentement, 1% de plus par an, parce que les administrateurs restent généralement très longtemps en poste.

Quelques États, l’Illinois, le Massachussetts, la Pennsylvanie, ont initié des mesures incitatives. Mais la Californie est donc la première à adopter un texte coercitif. Et il n’est pas exclu que les opposants, tenants de l’ancien système, tentent un recours devant la Cour suprême américaine.  

La place des femmes recule à la tête des entreprises 

Il n’y a que 5% de femmes parmi les dirigeants des 500 plus grosses sociétés américaines. Et leur proportion a tendance à diminuer depuis deux ans ! Dernier cas en date : Pepsi, dirigée par une femme, Indra Nooyi, jusqu’à… aujourd’hui. Elle prend sa retraite, et c’est un homme qui lui succède, Ramon Laguarda. L’an dernier déjà, deux femmes chefs d’entreprise avaient jeté l’éponge. Il reste évidemment quelques figures : par exemple Mary Barra qui dirige le géant automobile General Motors, ou Ginni Rometty qui dirige IBM. Mais de façon générale, il est très rare qu’une femme succède à une femme à la tête d’une grosse entreprise. Ca ne s’est produit qu’à trois reprises dans toute l’Histoire économique américaine. Autant dire que le célèbre "plafond de verre" est toujours là.

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