Cet article date de plus de deux ans.

Guerre en Ukraine: triple offensive russe sur Kiev, Kharkiv et Marioupol

La Blitzkrieg, la victoire ultra rapide espérée par Vladimir Poutine a échoué. Au bout de presque 6 jours de combats, le président russe met donc davantage de forces dans la bataille. L'offensive russe entre dans une nouvelle phase.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Cette photo publiée sur la page Facebook du ministère ukrainien de l'Intérieur le 1er mars 2022 montre la fumée après une attaque de missile visant la capitale ukrainienne (- / UKRAINIAN INTERIOR MINISTRY PRES)

Cette nouvelle offensive russe se concentre essentiellement sur trois grandes villes, trois symboles. Le premier, c’est évidemment la capitale Kiev (ou Kyiv dans la forme recommandée par l'Ukraine) et ses 3 millions d’habitants. Ça reste l’objectif numéro un : renverser le pouvoir de Volodymir Zelensky. Selon plusieurs images satellites, deux immenses colonnes de chars et de camions d’artillerie avancent donc sur deux axes vers la ville, par le Nord et par l’Ouest, sur plusieurs dizaines de kilomètres. La tour de la télévision a été touchée ce 1er mars dans l'après-midi, la diffusion des chaines est donc interrompue à Kyiv. Et le pouvoir russe annonce son intention de viser tous les bâtiments liés aux renseignements ukrainiens. Comme une façon de justifier par avance des victimes civiles, si des civils restent à proximité de ces bâtiments. Nos reporters sur place soulignent que dans le centre ville, les rues sont désertées. Beaucoup d’habitants continuent de fuir Kyiv.  

La deuxième cible, c’est Kharkiv, la grande ville du Nord, 1 million et demi d’habitants, près de la frontière russe. Moscou espérait sa chute rapide. Ca ne vient pas. Et du coup, ça se durcit. Un hôpital a été visé. Le pouvoir ukrainien dénonce déjà des crimes de guerre. Et il redoute l’emploi de bombes thermobariques, un système dévastateur à double explosion. Enfin, troisième cible, la ville côtière de Marioupol, au Sud-Est, qui semble quasiment prise en étau, entre les forces russes venant du Sud, de Crimée, Et celles venant du Nord, du Donbass. Même s’il y a des informations contradictoires sur le fait de savoir si ces différentes unités russes ont opéré ou pas une jonction. L’eau et l’électricité manquent déjà à Marioupol, 500.000 habitants. La situation y est très inquiétante.  

Le risque d'une sale guerre

Il y a des enseignements militaires à tirer de ces dernières heures, des évolutions notables. Le premier, c’est que la supériorité russe est moins écrasante que prévue, même dans les airs, alors que sur le papier ça semblait évident. L’efficacité n’est pas totale. De la même manière, les opérations d’infanterie légère motorisée ont été en partie repoussées à Kyiv. Ce demi-échec est, d’une certaine manière, une mauvaise nouvelle, parce qu’il peut entrainer une fuite en avant de la part de Poutine et de l’état major russe : le recours à des armes sales. Et surtout le recours à des forces non conventionnelles, qui se soucient peu des questions humanitaires ou des civils : les unités en provenance du Caucase (de Tchétchénie ou du Daghestan), réputées pour leur férocité. Elles sont sur le terrain près de Kyiv. Il y a sans doute aussi des mercenaires privés du groupe Wagner. Dont Moscou nie systématiquement la présence. Ce qui leur autorise n’importe quelle exaction.

Un délai pour la livraison des armes européennes

On a beaucoup parlé depuis deux jours de la décision européenne de financer ou de livrer des armes à l’Ukraine mais il n'est pas évident que ça change le cours des événements à court terme. C’est un peu une course contre la montre. Parce que ces annonces sont récentes, les premières datent de samedi dernier. Il faut  finaliser les contrats, dédouaner, acheminer les armes. Avec en plus la nécessité parfois de former les soldats ukrainiens à ce matériel, parfois de haute technologie. Faisable pour du matériel anti-chars, des lance-roquettes. Une autre paire de manches pour des drones ou d’éventuels avions de chasse. Et c’est sans doute aussi pour ça que Poutine accélère et met plus de forces dans la bataille. Objectif : conquérir les centres urbains avant que les armes défensives n’arrivent en masse.    

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.