Guerre en Ukraine : les oligarques russes bannis de "Londongrad"

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L'invasion russe en Ukraine a rebattu les cartes et modifié les équilibres géopolitiques. Au Royaume-Uni, il a marqué la fin de Londongrad, quartier très chic de l'Ouest londonien prisé des milliardaires russes.

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Radio France
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Roman Abramovitch (à gauche), à Londres (Royaume-Uni), en 2017. (IAN KINGTON / AFP)

Londres a longtemps été un eldorado pour les oligarques russes. Ce n’est plus le cas. Le symbole, c’est Roman Abramovitch bien sûr. Le propriétaire du prestigieux club de foot de Chelsea, alors champion d’Europe en titre, a été obligé de le vendre en mars dernier après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Tous ses biens sur le sol britannique ont été gelés.

Des Russes "puissants" grâce aux "conseils" des Anglais

Au total, plus de 1 000 personnalités proches du Kremlin et plus de 120 entreprises figurent désormais sur la liste noire du gouvernement britannique. Une situation impensable il y a encore quelques mois, même si le lien entre les le Royaume-Uni et la Russie s’était nettement tendu il y a quatre ans avec la tentative d’empoisonnement de l’ancien agent double Sergei Skripal, sur le sol anglais.

Malgré cela, les affaires continuaient. Celles que Londres aura permis pendant une trentaine d’années, et que le journaliste Oliver Bullough a étudié de très près : "Si vous regardez les capacités des oligarques russes, ils sont très bons dans certains domaines : tuer des gens, voler des entreprises, truquer des élections… Rien de tout ça ne leur permettait d’entrer dans une économie globalisée. Ils avaient besoin de conseils et c’est ce que Londres leur a donné. Ça leur a permis de devenir si puissants. Tout ça a eu lieu ici."

Si son dernier livre s’appelle Majordome du monde, c’est parce qu’il décrit un Royaume-Uni toujours prompt à faciliter les investissements, peu importe d’où vient l’argent. Les mécanismes financiers en place pour accueillir les amis de Poutine existent toujours. Ce sont ceux qui en profitent qui ont changé.

Le "pot de miel" londonien

Trevor Abrahamson dit la même chose. Depuis 50 ans, cet agent immobilier londonien négocie des biens qui valent parfois plusieurs dizaines de millions. Il a perdu sa clientèle russe mais ça ne l’inquiète pas : "Dans les années 70, les Arabes ont fait fortune dans le pétrole puis les Nigérians et les Indiens, et ils ont tout investi à Londres. Dans les années 80, c’était au tour des Américains. Dans les années 90, après la chute du mur de Berlin, les Russes ont acheté ici et plus récemment les oligarques chinois. À chaque fois, les abeilles fortunées volent vers le pot de miel londonien."

Londongrad, c’est donc terminé. Mais Londres réserve toujours un accueil chaleureux aux grandes fortunes, même si l’origine des fonds n’est pas toujours très claire.

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