Guerre en Ukraine : l'Europe prise au piège en raison de sa dépendance au gaz russe

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Au mois de juillet, "Un Monde d’avance" s’intéresse à la nouvelle donne diplomatique née de la guerre en Ukraine. Ce jeudi, il est question de la dépendance de l'Europe aux hydrocarbures russes.

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Radio France
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Illustration gaz. (LP / ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

Quand la Russie attaque l'Ukraine, en février 2022, cela fait déjà longtemps qu'elle a commencé à se servir du gaz, du pétrole, comme d'une arme. Avec des pressions. Et même des coupures dans l'approvisionnement de certains pays européens. "Pour nous ce n'est pas extraordinaire, c'est une réalité dans laquelle on vivait, explique l'économiste Michal Kurtyka, ministre de l'Environnement en Pologne jusqu'à l'automne 2021. Au moment où on en parlait à Berlin, à Bruxelles et à Paris, il y avait beaucoup de mécompréhension et de fausses idées où on nous voyait comme des Russophobes qui crient au loup alors que rien ne se passe."

"De ce point de vue-là, une exercice malheureux pour l'Europe a été le Nord Stream 2", explique l'ancien ministre polonais à propos du projet de gazoduc géant, reliant la Russie à l'Allemagne. Il a été stoppé net par le début de la guerre mais qui s'était enclenché, poursuivi malgré l'annexion de la Crimée par Moscou, en 2014, et le début de la guerre dans le Donbass. "L'Allemagne mais aussi la France et l'Autriche choisissent non pas de réduire leur dépendance au gaz russe mais choisissent de l'augmenter", raconte Thomas Pellerin Carlin, directeur du centre énergies de l'Institut Jacques Delors. Il n'y a pas de fatalité à ça, ce fut le fruit d'un choix politique."

Des risques de pénuries ?

Résultat aujourd'hui, l'Union européenne est incapable de mettre en place un embargo sur le gaz russe qui est pourtant l'une des principales sources de revenu de Moscou. Et la Russie coupe son approvisionnement, comme elle le souhaite. Pour tenter de remplir leurs stocks avant l'hiver, les pays européens se tournent, entre autres, vers le gaz de schiste américain ou les centrales à charbon. Avec tous les problèmes écologiques que cela soulève. Mais ça ne suffira pas explique Thomas Pellerin Carlin, y compris en France : "Même dans un scénario plutôt optimiste, si l'hiver n'est pas froid, on risque d'avoir des besoins de coupures limitées d'électricité. Le meilleur service que le politique peut rendre à la population et à l'intérêt général, c'est de ne pas mentir et mettre en place une politique publique qui permet de prévenir et de se préparer. Toutes ces télés, ces grands écrans, pour nous montrer de la publicité dans les rues de nos villes, il faut arrêter."

"On est en train de bruler du gaz au mois de juillet pour de la publicité alors que l'on risque de ne plus en avoir pour chauffer les gens en janvier."

Thomas Pellerin Carlin, spécialiste de la politique européenne de l'énergie

à franceinfo

Autre exemple de mesures, mettre fin réellement à l'éclairage des bureaux la nuit et limiter aussi à 26° C la climatisation cet été et pas moins.

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