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Guerre en Ukraine : l'étau russe se resserre lentement et menace Odessa

Au bout de12 jours de guerre en Ukraine, les combats se poursuivent. La progression russe continue mais à vitesse réduite.

Article rédigé par franceinfo - Jean-Marc Four
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des habitants d'Odessa (Ukraine) se préparent à une offensive russe et remplissent des sacs de sable, le 7 mars 2022 (BULENT KILIC / AFP)

La capitale ukrainienne Kiev reste la cible de quatre corps d’armée, notamment les 20e et 36e armées russes. Et l’objectif se précise : celui d’un encerclement de la ville. Les Russes avaient lancé leur offensive par le nord, en provenance à la fois de la Russie et de la Biélorussie, et en passant notamment par le site de Tchernobyl. Ils accentuent désormais leur pression par l’ouest et le nord-ouest, en particulier dans la zone de Bucha et d’Irbin. Où la présence de miliciens tchétchènes a été repérée.

L’armée russe a également détruit la plupart des ponts, il ne reste que celui de Bilhorovoka. Ce n’est pas un point de détail, parce que, parmi les presque quatre millions d’habitants de Kiev, la plupart fuient par ces routes vers l’ouest, direction Lviv. L’aviation russe a également bombardé une ville située au sud de Kiev, Bila Tserkva. Mais, au sol, la progression des Russes demeure lente tout autour de Kiev, voire nulle au cours des dernières 24 heures. Il faut y voir un signe de la résistance ukrainienne et peut-être d’actes de sabotage au-delà de la ligne de front. L’armée russe reste encore à 15 ou 20 km du centre de Kiev.  

Le symbole Odessa

Au sud du pays, une autre grande ville se prépare à subir l’assaut russe, c’est Odessa, sans doute la prochaine cible de Vladimir Poutine. Odessa, un million d’habitants au sud-ouest du pays. La grande ville portuaire sur la mer Noire, la ville du célèbre escalier du Potemkine, dans le film Le Cuirassé Potemkine. C’est un symbole pour la Russie, lieu de villégiature à l’époque de l’empire tsariste, et surtout position géostratégique : c’est le débouché portuaire pour le blé et les matières premières. Et c’est le point de jonction possible entre la Crimée, déjà conquise à l’est, et la petite région de Transnistrie, en Moldavie à l’ouest, pro-russe et déjà en partie autonome.

Après avoir conquis la ville de Kherson en fin de semaine dernière, les forces russes cherchent donc à progresser vers Odessa, en s’attaquant d’abord à la ville de Mikolakjiv, qui se trouve à un peu plus de 100 km. Des bombardements, des attaques aéronavales sont donc à redouter cette semaine dans cette zone critique.

Un rouleau compresseur lourd à manoeuvrer

Après 12 jours de guerre, les Russes progressent : c’est quand même un rouleau compresseur avec une incontestable supériorité aérienne et des troupes plus nombreuses. Donc l’armée russe avance, surtout par l’est depuis les zones anciennement séparatistes du Donbass, et dans le sud depuis la Crimée. C’est plus compliqué au nord en tout cas tant que Kiev n’est pas encerclé. 

Depuis samedi 5 mars, l’avancée des Russes semble très limitée. C’est peut-être pour des problèmes d’approvisionnement. Peut-être parce que l’armée ukrainienne conduit des opérations légères efficaces. Mais cela peut aussi signifier simplement que l’état-major russe réfléchit à une nouvelle phase de l’attaque. C’est un état-major réputé assez lourd. Donc l’adaptation des manœuvres peut être un peu lente.    

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