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États-Unis : Allison Fluke-Ekren, La première Américaine ex-responsable d'un bataillon de l'Etat Islamique condamnée à 20 ans de prison

Au printemps dernier, cette mère de famille de 42 ans avait plaidé coupable de "soutien matériel à une entreprise terroriste". Elle a été condamnée à 20 ans de prison aux États-Unis.

Article rédigé par Bertrand Gallicher
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des femmes de l'État islamique dans un camp, en Syrie, en février 2022. (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

C'est l'histoire d'une Américaine qui a grandi dans un village du Midwest, près de Topeka, la capitale du Kansas. Fille et petite-fille de vétérans, elle vit une enfance banale, avant de suivre des études de biologie à l'université du Kansas et découvre la religion musulmane à l'école islamique de Kansas City. La jeune femme poursuit ses études par une maîtrise en enseignement dans l'Indiana, autre État plutôt paisible. Après un premier mariage qui ne dure pas mais d'où naissent deux enfants, la jeune femme épouse un étudiant turc avec lequel elle aura cinq autres enfants. En 2008, le couple s'installe en Égypte, au Caire. Allison Fluke-Ekren parle couramment l'arabe.

En 2011, la famille s'installe à Benghazi, en Libye. L'année suivante, lors de l'attaque contre un bâtiment des États-Unis, la jeune femme aurait récupéré des documents dans l'enceinte des locaux de la mission diplomatique américaine, avant de les transmettre à l'organisation terroriste Ansar al-Shariah. Le couple se rend ensuite en Syrie où le mari supervise les tireurs d'élite de l'État islamique. Après un passage à Mossoul en Irak, la famille revient en Syrie. Le mari d'Allison Fluke-Ekren est tué par une frappe aérienne alors qu'il mène une reconnaissance pour une attaque terroriste.

Entraînement militaire à une centaine de femmes

Après avoir épousé successivement deux autres jihadistes – tous les deux tués en combattant pour l'État islamique – Allison Fluke-Ekren continue de s'impliquer dans l'organisation. Selon l'accusation, elle reconnaît avoir imaginé des attentats aux États-Unis, projets non concrétisés qui auraient reçu l'assentiment de Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef du groupe terroriste. Les procureurs américains disent aussi que la jeune femme a fourni un entraînement militaire à une centaine de femmes en Syrie, souvent très jeunes. Il s'agissait parfois de filles d'une dizaine d'années, enrôlées de force. Elle leur aurait appris à utiliser des fusils d'assaut et des ceintures d'explosifs. Un savoir-faire qui lui aurait valu d'être nommée par l'État islamique en 2017 à la tête d'un bataillon féminin, un poste rarement accordé.

Après s'être séparée de son cinquième mari, Allison Fluke-Ekren se serait rendue à la police locale en Syrie près d'Alep, alors que le groupe État islamique était en déroute. Détenue dans la région, elle tente de faire croire à sa propre mort pour échapper aux poursuites judiciaires aux États-Unis. Mais la justice américaine l'a finalement rattrapée et rapatriée en janvier dernier. Jugée au mois de juin à Alexandria, près de Washington, elle a plaidé coupable de "soutien à une entreprise terroriste". Elle est la première Américaine à être poursuivie pour avoir assumé un rôle de responsabilité au sein de l'État islamique.

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