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En Allemagne, trois hommes (au moins) pour le fauteuil d'Angela Merkel

La CDU, le parti de la chancelière, se réunit les 15 et 16 janvier pour désigner son nouveau chef de file. Trois hommes sont sur la ligne de départ, et l’un d’eux pourrait donc succéder à Angela Merkel à l’automne prochain à la tête du pays.  

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La Chancelière allemande Angela Merkel après une conférence de presse, le 5 novembre 2018 à Berlin. Photo d\'illustration.
La Chancelière allemande Angela Merkel après une conférence de presse, le 5 novembre 2018 à Berlin. Photo d'illustration. (TOBIAS SCHWARZ / AFP)

Il y a quelques mois, on pensait qu’une femme succéderait à une femme en Allemagne, quand Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommée AKK, a un temps dirigé l'Union chrétienne-démocrate (CDU) mais elle a jeté l’éponge. Il y a donc maintenant trois hommes sur la ligne de départ.

Le premier, qui part légèrement favori, est un vieux rival d'Angela Merkel : Friedrich Merz, 65 ans. Libéral en économie, conservateur sur les questions de société, il incarne l’aile droite de la CDU. Le visage sec et carré, il possède du charisme et pourrait faire revenir dans les rangs du parti certains électeurs tentés par l’extrême droite.

Le deuxième est aussi rond que Merz est carré : Armin Laschet, 59 ans. Il s'agit d'un fidèle d’Angela Merkel. Avec sa bouille souriante, il incarne une ligne modérée de centre droit. Mais beaucoup lui reprochent sa gestion tâtonnante de l’épidémie de Covid-19 en tant que président de la région de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Enfin, le troisième, qui pourrait tirer les marrons du feu, c’est Norbert Röttgen, 55 ans. Spécialiste de politique étrangère, il a mené une campagne dynamique, active sur les réseaux sociaux. Il promet une féminisation et un rajeunissement du parti. Le résultat du vote électronique des délégués de la CDU est donc prévu samedi 16 janvier.  

D'autres candidats encore possibles

Cependant, c'est un peu comme dans Les Trois Mousquetaires, il y a un 4e homme, voire un 5e. Normalement, le patron de la CDU est appelé à être le candidat du parti aux élections de septembre prochain. Avec de grandes chances de devenir chancelier, puisque la CDU caracole en tête dans les sondages. Mais cette fois-ci ce n’est pas sûr. Il y a deux d’Artagnan dans les coulisses.

Le premier, est beaucoup plus jeune, c'est Jens Spahn, 40 ans. Il s'agit de l’actuel ministre de la Santé. Il a une image globalement positive compte tenu de la bonne gestion de l’épidémie en Allemagne, en tous cas jusqu’à la mi-décembre. Sur le papier, la CDU peut dissocier la fonction de chef de parti de celle de candidat pour les élections. Et Spahn, qui n’est pas candidat pour le parti, pourrait alors avoir ses chances pour briguer la succession de Merkel.

Le deuxième d’Artagnan, c’est Markus Söder. Lui n’est pas membre de la CDU. Il dirige le Land de Bavière et la CSU, le parti frère de la CDU dans la région. Söder est une personnalité populaire en Allemagne. Lui aussi peut donc espérer être investi pour les élections au niveau national par la CDU, quand bien même il ne dirigerait pas le parti d’Angela Merkel. Bref, il y a du suspense !  

Le défi de succéder à Mutti

En tout cas, la succession sera très difficile. Le 26 septembre prochain, la date annoncée pour les élections, le pays va tourner une page de 16 ans avec Angela Merkel comme dirigeante. Succéder à Mutti (Maman) comme la surnomme de nombreux Allemands, s’annonce très compliqué. Elle a su cimenter son parti. La CDU lui doit son niveau actuel dans les sondages (36%). À l’instant où elle va s’effacer, ce niveau sera difficile à maintenir. D’autres partis, notamment les Verts (entre 19 et 20% aujourd’hui) parient certainement là-dessus.  

La Chancelière allemande Angela Merkel après une conférence de presse, le 5 novembre 2018 à Berlin. Photo d\'illustration.
La Chancelière allemande Angela Merkel après une conférence de presse, le 5 novembre 2018 à Berlin. Photo d'illustration. (TOBIAS SCHWARZ / AFP)