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Covid-19 : la contestation contre le confinement monte à Shanghai

La pandémie ne cesse de se propager dans la ville chinoise. Et le confinement désormais total imposé par le pouvoir chinois commence à susciter des mouvements de mécontentement.

Article rédigé par franceinfo - Jean-Marc Four
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un garde, portant un équipement anti Covid-19, récupère des colis à l'entrée d'une résidence pendant un nouveau confinement, à Shanghai (Chine), le 8 avril 2022. (HECTOR RETAMAL / AFP)

C’est comme un retour à la case départ. Le Covid-19 revient en Chine, où il est apparu. Et dans la grande métropole de Shanghai, les chiffres de contamination ne cessent de monter. Un millier par jour il y a deux semaines, 21 000 lors de ce seul vendredi 8 avril. La proportion de cas symptomatiques (824 lors des dernières 24 heures) reste faible mais elle double en ce moment en moins de 24h.

Aucune date de déconfinement annoncée

La courbe semble pour l’instant incontrôlable. Et ce malgré un confinement désormais total des 25 millions d’habitants de la mégapole. Shanghai est la plus grande ville jamais confinée dans le monde depuis deux ans. Au début, le 24 mars, le confinement était partiel, seulement la moitié de la ville, et il ne devait durer que quatre jours. Il est donc désormais total et il n’y a aucune date de fin annoncée.

Des stades, des hôtels, des centres de congrès ont été réquisitionnés pour mettre à l’écart toute personne positive. Les rues sont désertes, les commerces fermés, les usines et les transports à l’arrêt. Et il n’y a pas que Shanghai : au total en Chine aujourd’hui, près de 200 millions de personnes sont confinées dans différentes régions. Cela représente un Chinois sur sept.  

Une surveillance permanente de 25 millions d'habitants

Le confinement est drastique, en application de la politique "Zéro Covid" qui est le mantra du pouvoir chinois. Et il est d’autant plus drastique, que le variant Omicron, on le sait, est très contagieux. Il résiste aux vaccins chinois, seuls autorisés dans le pays. En plus le taux de vaccination des personnes âgées est faible en Chine, environ 50%. Mais l’intérêt de cette stratégie radicale parait désormais très discutable : le coût social et économique est très élevé. Alors que le bénéfice sanitaire est modéré. Il y a certes beaucoup de cas positifs, mais peu de morts. Alors pourquoi confiner ? 

Sur les réseaux sociaux, de nombreux Internautes chinois manifestent donc leur désaccord, en particulier à Shanghai. Ils dénoncent un jusqu’au boutisme excessif. Il faut dire que les autorités n’y vont pas de main morte, on est presque dans un mauvais film de science-fiction : ici des enfants en bas âge testés positifs sont séparés de leur mère, là des drones aériens circulent dans la nuit pour intimer aux habitants de "refouler leurs envies de liberté". Des fonctionnaires locaux sont filmés en train de frapper un chien soupçonné d’être contaminé. Des habitants se heurtent à des agents qui veulent les contraindre au dépistage. Et la distribution de nourriture est un casse-tête puisque tout est fermé.

Le contrôle social avant l'objectif sanitaire 

Pour nombre d’habitants de la ville, le problème ce n’est pas tant le virus que le confinement et ses dérives. Mais ce n'est pas encore un problème politique. La contestation est plus présente sur les réseaux sociaux que dans la rue. Et en face, le pouvoir de Xi Jinping n’a certainement pas l’intention de changer de politique.

Pour deux raisons. D’une part, le président chinois a érigé le "Zéro Covid" en dogme. Et on l’imagine mal reconnaître une erreur. D’autre part, la situation à Shanghai montre que l’objectif de contrôle social de la population est encore plus important que l’objectif de contrôle sanitaire de la pandémie.  

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