Conflits, catastrophes climatiques : le nombre de déplacés internes dans le monde n'a jamais été aussi important

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En 2020, 55 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur des frontières de leur propre pays selon deux ONG qui ont fait le décompte. Ce nombre est le plus élevé enregistré en 10 ans. 

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Radio France
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Des écoliers dans une salle de classe sous une tente mise en place pour faire face à l'arrivée croissante de personnes déplacées à l'intérieur du pays à Koum-Lakre au Burkina Faso (16 novembre 2020). (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

Chaque seconde l'an dernier, une personne a été forcée de fuir son domicile à l’intérieur de son propre pays. Le nombre de déplacés internes est en constante augmentation depuis plus d’une décennie mais en 2020, il a atteint des records. Sur les 55 millions de personnes déplacées, 38 millions ont fui des conflits souligne le rapport annuel de l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC).

Exil forcé pour fuir les zones de combats

L’augmentation de la violence dans la région du Tigré en Éthiopie, l’expansion des groupes extrémistes dans le nord du Mozambique ou au Burkina Faso ont provoqué des crises de déplacements qui ont évolué très vite. Dans la région du Sahel, deux millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur des frontières de leur propre pays que ce soit au Burkina, mais aussi au Mali ou au Niger. D’autres conflits qui s’inscrivent dans le temps notamment en Syrie, en Afghanistan ou en République démocratique du Congo continuent de forcer les gens à prendre le chemin de l’exil et souvent pour des durées beaucoup plus longues. Un tableau bien noir que la pandémie de Covid-19 a sûrement contribué à aggraver pour ce qui est de la situation économique de ces déplacés. Le chiffre de 55 millions de déplacés pourrait augmenter au fur et à mesure que les pays s’enfoncent dans la crise.

Des populations parfois plusieurs fois déplacées

Une autre raison s’ajoute à ces déplacements de population : ce sont les phénomènes météos qui ont été particulièrement violents l’année dernière. La convergence des conflits et des catastrophes climatiques a conduit de nombreuses personnes à être déplacées pour la deuxième fois, parfois même la troisième fois. C’est le cas du Yémen, un pays ravagé par la guerre qui a été frappé par des inondations torrentielles l’an dernier. Il faut également ajouter les cyclones, les moussons, et les tempêtes qui ont touché des zones très peuplées en Asie et dans le Pacifique. A lui seul, le cyclone Amphan a provoqué le déplacement d’environ 5 millions de personnes au Bangladesh et en Inde. La saison des ouragans dans l’océan Atlantique a été la plus intense jamais enregistrée avec 30 tempêtes qui ont touché 12 pays d’Amérique centrale et des Caraïbes.

Au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne, ce sont les pluies prolongées qui ont fait des ravages et ont déraciné des millions de personnes déjà en situation de précarité extrême. "Nous ne parvenons pas à protéger les personnes les plus vulnérables contre les conflits et les catastrophes naturelles", a reconnu le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés. Les ONG tirent la sonnette d’alarme : le changement climatique et la surexploitation des ressources naturelles pourraient encore aggraver la situation des déplacés dans le monde dans un proche avenir.    

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