Balkans : nouveaux heurts violents dans le nord du Kosovo

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Des policiers kosovars et des civils serbes ont été blessés ce mercredi dans le nord du Kosovo lors de heurts violents. Une situation qui se répète ces dernières semaines et qui laisse augurer d'un avenir pour le moins explosif dans la région.

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Radio France
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Une unité d'opérations spéciales de la police du Kosovo patrouille dans la zone proche du poste frontière entre le Kosovo et la Serbie à Jarinje, Kosovo, 28 septembre 2021.  (VALDRIN XHEMAJ / EPA)

C’est une opération de la police kosovare dans le nord de la ville de Mitrovica, où les Serbes sont majoritaires, qui a mis le feu aux poudres dans la matinée du mercredi 13 octobre. Plusieurs descentes de police notamment dans des pharmacies et des entrepôts visaient à démanteler des réseaux de contrebande. Mais ces opérations, appuyées par des forces de police équipées d'engins blindés ont particulièrement énervé les Serbes. Une barricade a été rapidement montée dans le centre-ville et plusieurs centaines de Serbes ont affronté les forces de l'ordre kosovares. Au moins deux véhicules dont un des douanes ont été incendiés par les manifestants. Le bilan de ces heurts est de six blessés dans les rangs des policiers kosovars et une dizaine pour les manifestants serbes, dont un par balle.

Ces manifestants serbes ne tentaient nullement de s’opposer à une opération de police, ils ne sont pas venus "défendre" quelques malfaiteurs pourchassés par la police kosovare. C'est bien le déploiement de forces kosovares qui n'est pas "passé". Dans les quartiers nord de Mitrovica, majoritairement serbes et adossés à la Serbie voisine, on n'a jamais accepté l'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008. La Serbie non plus ne l'a jamais acceptée. D'ailleurs le directeur - de la République de Serbie - pour le Kosovo parlait à propos des incidents de ce mercredi non pas d'une opération de police, mais d'une "prise d'assaut  par des unités spéciales armées jusqu'aux dents", de la partie nord de la ville.

Regain de tensions

Le mois dernier c'était le déploiement de ces mêmes unités de la police spéciale kosovare, toujours, avec des blindés, qui avait déjà mis le feu aux poudres. Ces forces de police étaient censées faire respecter une nouvelle loi, obligeant les véhicules venant de Serbie à utiliser des plaques provisoires au Kosovo. Une mesure de réciprocité, les véhicules kosovares étant obligés d'utiliser des plaques provisoires en Serbie.

Les Serbes ont alors bloqué les routes d'accès au Kosovo, incendié deux bâtiments dont un poste de douane et la Serbie a même concentré quelques troupes à sa frontière pour y défendre les "frères" serbes du Kosovo. Il a fallu une médiation de l'Union européenne pour faire retomber la tension.

Serbes et Kosovares sont pourtant engagés dans une négociation sous égide de l'Union européenne. Dès 2011 l'UE a invité les deux anciens adversaires à des négociations de "normalisation" de leurs relations, avec, en ligne de mire une possible future adhésion à l'Union européenne pour chacune des deux parties. Mais cette intégration européenne se fait de plus en plus élusive. Quant au "dialogue" serbo-kosovar, il a surtout pris la forme d’un dialogue de sourds, sans aucune avancée tangible. Un exemple récent : sur le fameux problème des plaques d'immatriculation des uns et des autres. Les deux parties ont simplement convenu, il y a un mois, de baisser les armes et de se revoir pour en discuter, se donnant six mois pour résoudre le problème, tout en demandant aux forces de l'OTAN de s'interposer. En attendant la prochaine étincelle.

 

 

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