Au Portugal, fin de l'idylle politique à gauche après le rejet du budget

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La survie du gouvernement est menacée au Portugal. Les socialistes au pouvoir ont été, tout simplement, lâchés par leurs alliés d’extrême gauche.   

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Radio France
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Le Premier ministre Antonio Costa lors du débat sur le vote du budget au Parlement à Lisbonne, le 27 octobre 2021. (PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)

Après des mois difficiles à cause de la pandémie de Covid-19, on pensait le Portugal sorti d’affaire. La campagne de vaccination dans le pays a d’ailleurs été si efficace que le coronavirus ne fait aujourd’hui même plus la une des médias portugais. Désormais c’est une crise politique qui prend le pas. Tout part du projet de loi de finances 2022, rejeté par le Parlement. Les députés d’extrême gauche ont en effet refusé mercredi 27 octobre de soutenir Antonio Costa, le chef socialiste du gouvernement.

Deux partis ont voté contre ce projet de loi de finances pour l’année prochaine : Il s’agit du PCP, le parti communiste, et du Bloc de gauche, un petit parti d’extrême gauche. Les deux exigeaient davantage de ce budget de l’État, sur le plan social et économique, et surtout en matière de droit du travail. Ils ont donc campé sur leurs positions jusqu’au bout. Or, les socialistes au pouvoir, n’ayant pas la majorité au Parlement, comptaient sur cet appui. En refusant ce budget, l’extrême gauche pourrait ainsi signer la fin du gouvernement socialiste d’Antonio Costa.

 La perspective d'élections anticipées en Janvier

C’est en tout cas ce qu’a assuré le président portugais, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa. Il y a quelques jours, il déclarait que si le budget de l’État n’était pas voté, il serait dans l’obligation de dissoudre l’Assemblée et de convoquer des élections anticipées. De l’autre côté, le Premier ministre Antonio Costa n’a pas l’air de vouloir démissionner. Il a prévenu, il mènera un gouvernement de transition jusqu’à la convocation de ces élections anticipées, qui devraient avoir lieu en janvier prochain. Le Portugal entame donc peut-être un cycle de crises politiques, dont il se passerait bien. Selon le président, le pays a besoin d’un gouvernement fort, et ce, dès maintenant. Le Covid est certes pour le moment maîtrisé, mais la situation économique est fragile, et la prudence reste de mise.  

Il s'agit d'un divorce inédit entre les gauches portugaises. C’est bel et bien la fin d’une certaine idylle politique. Communistes, extrême gauche et socialistes étaient parvenus à constituer une union de la gauche, en 2015. Un fait inédit en 40 ans de démocratie portugaise. Mais déjà en 2019, cette idylle a sérieusement été entamée, dès les élections d’automne et le deuxième mandat d’Antonio Costa. L’extrême gauche a enchaîné les déceptions sur le plan social et économique On peut dire que les relations étaient donc déjà crispées et, aujourd’hui, le divorce est enfin acté.

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