Allemagne : une jihadiste condamnée à dix ans de prison pour avoir laissé mourir de soif une petite fille yézidie en Irak en 2015

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Originaire de Basse-Saxe, en Allemagne, Jennifer Wenisch a notamment été reconnue coupable de "crime contre l'humanité ayant entraîné la mort" et d'appartenance à une organisation terroriste, dans le premier procès du genre contre une membre du groupe Etat islamique. Elle encourait la prison à vie.  

Article rédigé par
Bertrand Gallicher - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le procès de Jennifer Wenisch, Accusée d'avoir laissé mourir de soif une fillette yazidie réduite en esclavage en Irak, avait débuté en avril 2019 devant un tribunal de Munich, en Allemagne.  (PETER KNEFFEL / DPA)

C’est l’un des rares procès ayant permis de punir les atrocités commises par le groupe Etat islamique contre la minorité kurde yazidie. Une Allemande, membre de l’organisation terroriste, vient d’être condamnée par un tribunal de Munich à dix ans de prison pour avoir laissé mourir de soif une fillette yazidie réduite en esclavage en Irak.

L’histoire est terrifiante. En 2014, Jennifer Wenisch, une Allemande musulmane originaire d’une petite ville de Basse Saxe, dans le nord-ouest de l’Allemagne, se rend en Irak pour rejoindre le groupe Etat islamique. Pendant plusieurs mois en 2015, elle fait partie de la police des mœurs chargée de faire régner l’ordre islamiste à coups de fouet et d’autres châtiments corporels. Elle est alors armée et porte une veste explosive.

Enchaînée en plein soleil par 50 dégrés

Cette même année 2015, Jennifer Wenisch et son mari achètent comme esclaves une fillette de 5 ans et sa mère, toutes deux appartenant aux Yazidis, une minorité persécutée par les islamistes pour des raisons religieuses. Un jour, la petite fille, malade, urine sur son matelas. Le mari de Jennifer Wenish enchaîne l’enfant en plein soleil par 50 degrés pour la faire mourir de soif. L’Allemande laisse faire et n’intervient que lorsqu’il est clairement trop tard.

Arrêtée en 2016 à Ankara par les services turcs, Jennifer Wenisch est extradée en Allemagne où elle est laissée libre. En 2018, elle tente de rejoindre le groupe Etat islamique en Syrie, en passant par l’Irak. Elle raconte l’histoire à son chauffeur, qui enregistre la conversation car c’est un agent du FBI. Des aveux utilisés contre la jeune femme lors de ce procès, où elle vient donc d’écoper de dix ans de prison alors qu’elle risquait la perpétuité.

Le casse-tête juridique et politique du rapatriement des familles de jihadistes

C’est la partie émergée de l’iceberg qui apparaît avec ce procès. Il y a un peu plus de deux semaines, l’Allemagne et le Danemark ont rapatrié de Syrie 11 femmes et 37 enfants détenus par les Kurdes au camp de Roj, dans le nord-est de la Syrie. Parmi les femmes revenues en Allemagne, l’une d’elles est également soupçonnée de complicité de crime contre l’humanité en lien avec des exactions commises contre la minorité yazidie.

Cette Allemande avait épousé successivement au moins six membres du groupe Etat islamique et montrait à son enfant des vidéos d’exécutions perpétrées par l’organisation jihadiste. Selon le parquet fédéral, elle aussi aurait utilisé comme esclave une femme appartenant à la communauté yazidie. La France quant à elle continue de pratiquer la politique du cas par cas pour le rapatriement des femmes et des enfants de jihadistes détenus en Syrie.

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