Sous les pavés 2018, France info

Laurence Geai : "Mon pavé 2018 c'est un accueil digne des demandeurs d’asiles et des réfugiés en France"

Olivier de Lagarde reçoit Laurence Geai, photojournaliste, récompensée l'année dernière par le prix Polka pour son travail sur les migrants. 

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Laurence Geai en 2016, à Visa pour l\'image.
Laurence Geai en 2016, à Visa pour l'image. (FRANCE TV)

Laurence Geai est une photoreporter de guerre qui a parcouru l’Irak, la Syrie ou encore le Centrafrique. En 2017, elle reçoit le prix Polka du photographe pour ses reportages sur le sort des immigrés. Depuis 2015, elle suit une famille de réfugiés : Faraj, Maaza et leurs deux petits garçons Souraj et Aimé. Témoin des conditions de vie des demandeurs d’asiles en France, elle lance son pavé sur l’accueil plus humain qui devrait leur être réservé.

Olivier de Lagarde : Ces réfugiés, ce sont des personnes qui sont habitées par l’idée de revenir un jour dans leur pays ?

Laurence Geai : Ça dépend. Rentrer au pays, c’est pour eux un échec. Même à nous, ils ne nous disent pas qu’ils n'en peuvent plus de traîner dans la boue en France, à Calais. Ils rentrent parce que leur mère est malade… Mais ce n’est pas pour ça qu’ils rentrent. Ils rentrent parce qu’ils n’en peuvent plus d’être traités comme des animaux. Il faut leur réserver un accueil plus digne et ne pas les déshumaniser.

Ouvrir les frontières ce serait presque facile, mais ensuite il faudrait pouvoir leur donner un toit, un travail.

On peut en France ! On en accueille très peu en fait, par rapport à l’Allemagne ou à des pays du Nord. Vous savez, les demandeurs d’asiles ne veulent pas forcément rester en France. Ils ont compris qu’ils n’étaient pas forcément bien accueillis. Je suis une famille depuis deux ans qui est venue de Libye, le papa est soudanais et la femme est éthiopienne. Ils se sont rencontrés en Libye, lors de leur exode, les combats se sont rapprochés de là où ils étaient, ils ont décidé de fuir et de venir en France, et à la base, en Angleterre. C’est parce qu’ils ont rencontré une citoyenne qui s’appelle Manon, qui s’en est occupé, qu'ils ont décidé de s’installer en France. Aujourd’hui, ils parlent français. Aujourd’hui, Faraj a trouvé du travail. 

Laurence Geai en 2016, à Visa pour l\'image.
Laurence Geai en 2016, à Visa pour l'image. (FRANCE TV)