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Transportez-moi. Transports et propagation de virus

En pleine épidémie du Covid-19, il est primordial de faire un point sur les risques de propagation dans les transports en commun. Comment agir ? Quelles mesures devons-nous prendre ?

Des Japonais portant des masques dans le métro de Tokyo, le 6 avril 2020.
Des Japonais portant des masques dans le métro de Tokyo, le 6 avril 2020. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

Des chercheurs travaillent actuellement sur une relation possible entre la pollution, notamment aux particules fines, et la propagation du coronavirus. Il faut dire qu’à elle seule, la pollution provoque le décès prématuré de 48 000 personnes en France, par an. C’est plus que l’alcool, et moins que le tabac. On en parle bien sûr moins que la pandémie en cours, mais il semblerait qu’il y ait un lien entre les deux. Eric Poincelet, président de Pollutrack, un réseau de capteurs installés à Paris qui mesure la pollution en temps réel, en est convaincu.

Wuhan, le premier foyer du coronavirus a été une ville qui a connu des niveaux de pollution aux particules fines, pendant deux mois en continu, et donc il est possible que la population, ayant été surexposée à la pollution ait eu les alvéoles esquintées à cause de cette pollution, et qu’à ce moment-là, les poumons sont plus susceptibles d’être pénétrés par le virus

Eric Poincelet

L’urbanisation, et donc les transports en commun, croissent de plus en plus vite et leurs populations se retrouvent tous les jours confrontées à une promiscuité favorisant la transmission du virus.  

Tout ceci nous amène à réfléchir sur les modèles de nos sociétes de demain. L’activité humaine, a un impact sur le climat, mais aussi, sur la santé de nos concitoyens. La pollution, s’il n’est pas encore prouvé qu’elle soit à l’origine de la pandémie, en est certainement l’un des facteurs les plus aggravants. Patrick Jeantet, président du directoire de Keolis.

Notre société, notre civilisation, comme le corps humain, on a des maladies aiguës et on a des maladies chroniques, une pandémie, c’est une maladie aiguë. Il faut évidemment les soigner et quand on les soigne on en sort renforcé. À l’inverse on a aussi des maladies chroniques, et on a aujourd’hui dans le monde une maladie chronique qui fait de plus en plus de ravages, qui est le dérèglement climatique et qui aujourd’hui tue beaucoup, notamment dans une ère où on s’urbanise de plus en plus. Je pense que l’après crise aiguë doit nous faire encore plus prendre conscience de nos maladies chroniques car ces maladies chroniques si on n’en prend pas soin, elles finissent par la mort.

Patrick Jeantet

Certains pays, comme la Chine, ont mis en place des mesures efficaces. À Nanjing, une ville de 8 millions d’habitants, on vous prend la température à l’entrée des boutiques ou encore pour emprunter le bus ou le métro, et vous avez partout des distributeurs de serviettes désinfectantes à disposition. Par ailleurs les taxis ont scotché un plastique transparent pour s’isoler des passagers, qui paient uniquement par smartphone et les désinfections se font entre chaque course.

Certaines de ces mesures servent d’exemple et sont déjà appliquées en France, Ingrid Mareschal, Déléguée générale de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs .

On a un arrêté sur les mesures sanitaires à mettre en place dans différents services, qui comprennent la fermeture de la porte avant pour que les passagers montent par l’arrière, le respect des distanciations de plus d’un mètre entre les passagers dans le véhicule, le fait que les conducteurs n’acceptent plus de paiements dans le véhicule, pour éviter les échanges avec le conducteur. Donc il y a un arrêté qui est paru qui sera en vigueur y compris après le confinement.

Ingrid Mareschal

Certaines de ces mesures pourraient perdurer après cette crise sanitaire. Les transports sont la colonne vertébrale et le thermomètre de l’économie. Mais leur dommage sur la santé nous fait perdre des milliards chaque année. Rendre les transports plus propres est une urgence. L’électricité embarquée ou distribuée avec des batteries performantes ou des piles à hydrogène seraient une des solutions pour rendre des villes respirables et apaisées. 

Des Japonais portant des masques dans le métro de Tokyo, le 6 avril 2020.
Des Japonais portant des masques dans le métro de Tokyo, le 6 avril 2020. (BEHROUZ MEHRI / AFP)