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Transportez-moi. Les nouvelles pratiques de mobilités, conséquence des grèves des transports

Avec près d’un mois et demi de grève, les moyens de transport français et parisiens ont durement été touchés. Conséquence, les usagers ont dû sortir de leur zone de confort et trouver de nouveaux moyens de se mouvoir dans la ville.

Piétons, vélos et trottinettes à Paris, en décembre 2019.
Piétons, vélos et trottinettes à Paris, en décembre 2019. (REMI DECOSTER / HANS LUCAS)

Pour certains, les solutions étaient évidentes, pour d’autres la grève a permis de mettre en avant des services de transports présents mais jusqu’alors peu utilisés. Le grand gagnant est le vélo avec, à Paris, deux fois plus de vélos que de voitures aux heures de pointe pendant la grève. La découverte de ces modes de mobilités alternatifs pourrait bien faire changer les mentalités.

Du covoiturage aux nouveaux modes de transport en passant par le co-working, les applications numériques nous permettent aujourd’hui de trouver rapidement des solutions pour nous mouvoir dans la ville. De plus, les mobilités douces et actives, comme le vélo et la marche, sont bonnes pour la santé, puisque l’Organisation Mondiale de la Santé préconise 30 minutes d’exercices par jour.

Il y a non seulement une interpellation sur l’urbanisme, mais également des inquiétudes sur le destin de la planète. Il faut rapprocher le travail du domicile, pour permettre la déflation de demande de mobilité motorisée.

Bruno Marzloff, sociologue spécialisé sur les questions de mobilité

La "ville du quart d’heure"

L’idée serait de parvenir à créer une "ville du quart d’heure", qui offrirait à proximité travail, habitat, loisir, et lieux où il fait bon vivre. Pour y parvenir il faut pouvoir changer notre rapport au temps. "Puisqu’on se déplace, qu’on est obligé de faire une heure pour joindre notre lieu de travail… ce temps on ne l’a plus pour nous-mêmes ! Il faut changer cette manière de fonctionner. La meilleure mobilité, c’est la démobilité", assure Carlos Moreno co-fondateur et directeur scientifique de la chaire "entrepreneuriat, territoire, innovation" de Paris-I Panthéon Sorbonne.

Mais pour cette démobilité, il est nécessaire de repenser la ville dans sa globalité. Tous les grands constructeurs et aménageurs investissent en recherche et développement pour proposer de nouveaux concepts d’urbanisation et de transports intégrés. "Il est possible d’imaginer une ville des courtes distances, détaille Virginie Alonzi, directrice prospective de Bouygues Construction (direction innovation, transformation numérique et développement durable). On y trouvera des bâtiments hybrides au sein desquels on pourra avoir des espaces de travail de co-working, du commerce, des loisirs et du logement. Tous ces éléments se retrouveront au sein d’un même espace et permettront de réduire les mobilités."

Une nouvelle façon de penser la mobilité

En plus d’imaginer un futur où l’homme se déplace moins, on peut également penser que les services iront vers les hommes. C’est l’idée défendue par Dans le sens de Barge, une association qui a conçu des associations itinérantes au fil de l’eau à la rencontre des riverains. "Barge offre la possibilité de construire dans le mouvement des expositions visibles ensuite lors des escales à quai, explique Véronique Follet, cofondatrice. Ainsi, ce n’est plus le public qui vers l’art mais l’art qui vient au public."

La grève aura au moins eu pour mérite de permettre aux usagers de bouger autrement dans la ville. Des mobilités douces et actives qui devraient s’inscrire dans le temps, et faire du bien au corps et à la planète.  

Piétons, vélos et trottinettes à Paris, en décembre 2019.
Piétons, vélos et trottinettes à Paris, en décembre 2019. (REMI DECOSTER / HANS LUCAS)