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Transportez-moi à Santiago du Chili

Geoffroy Bouvet, commandant de bord de Boeing 777 Air France, nous emmène à Santiago du Chili, sur les traces de l'Aéropostale. Président de l'APNA (Association des Professionnels Naviguants de l'Aviation), qui comptait des membres prestigieux comme Mermoz ou Guillaumet, il nous décrit ce pays des Andes et ses moyens de transports d'hier et d'aujourdhui.

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France Info et Air France  vous offrent la possibilité de gagner un billet d'avion pour deux personnes à destination de Santiago du Chili  . Pour jouer, cliquez ici et répondez à la question suivante : Quel(le) pilote s'est posé(e) à Santiago en 1921 après avoir franchi la Cordillière des Andes ? Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry ou Adrienne Bolland ? Les élements de réponse se cachent dans la chronique!

L'Aéropostale, fierté de Santiago du Chili

Tous les pilotes, qui franchissent la Cordillère des Andes pour se poser à Santiago, pensent forcément à ces pilotes de l'Aéropostale aux noms prestigieux comme Jean Mermoz qui devint le premier chef pilote d'Air France, mais aussi Henri Guillaumet, tombé en panne, qui marcha cinq jours dans la neige, avant d'être recueilli par un fermier. "Ce que j'ai fait , aucune bête ne l'aurait fait ", a-t-il dit à Saint-Exupéry. Il lui dédiera d'ailleurs plus tard son livre "Terre des hommes".

Il fallait en effet beaucoup de doigté et d'audace, pour ces hommes et ces femmes, qui pilotaient à des températures de moins 30°C avec des vents violents. Comme cette femme d'exception, Adrienne Bolland, qui a ouvert la voie un 1er Avril. Et ce n'était pas un gag comme semblait le croire l'ambassadeur de France, resté chez lui. Les Chiliens sont très attachés à cette mémoire. Pour preuve, un grand lycée de Santiago s'appelle "Saint-Exupéry".

La Cordillère des Andes : une protection naturelle

Le Chili s'étire sur ses 4 300 kilomètres de long, du Pérou, au Cap Horn, avec une largeur moyenne de 180 km. Lorsqu'on approche de Santiago par le nord, on longe l'Aconcagua, la montagne la plus haute de l'Amérique du Sud, qui culmine à presque 7 000 m. Relativement inaccessible , elle permet de protéger des espèces menacées telles que le célèbre Condor des Andes.

Dans la descente finale, on découvre peu à peu Santiago, souvent dans un brouillard en partie dû à la pollution, avec sur la gauche, la Cordillères aux neiges éternelles. C'est grandiose.

Le pays est protégé à l'est par la Cordillière et au nord par le désert d'Atacama, le plus arride au monde. A certains endroits, aucune précipitation n'est tombée depuis 80 ans !

C'est pourquoi un programme mondial d'observation astronomique  y est implanté, car l'air y est pur et il n'y a pas de pollution lumineuse. C'est l'endroit idéal pour les centaines d'astrophysiciens qui y travaillent.

Les transports d'aujourd'hui et d'hier

Santiago, avec ses 6 millions d'habitants, est une ville moderne, dotée de tous les systèmes de transports urbains. Santiago, c'est une sorte de terminus sud, la capitale la plus septentrionale. On y arrive par la célèbre route Panaméricaine qui part de l'Alaska et, avec ses 25 000 kms, elle traverse 14 pays, une bifurcation la mène même jusqu'à Ushuaïa en Argentine.

Mais Santiago et sa région utilisent également des téléphériques. Des téléphériques en ville mais aussi dans les station de ski, notamment à Portillo qui accueillit les championants du monde de ski alpin, à l'époque où Jean-Claude Killy fut médaillé d'or.

Et puis, il y a  les célèbres " asecores " de Valparaiso , sortes de funiculaires. Ces vieux wagonnets colorés qui grimpent sur les collines sont inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco. Ils fonctionnent depuis plus de 100 ans et témoignent de l'activité de Valparaiso à la fin du 19ème siècle. C'était alors le premier port du Pacifique. Seul le tourisme les sauvera de la disparition.

La longueur du pays impose de nombreuses pistes d'aterrissages. Le pays en totalise plus de 360, mais le train reste le moyen indispensable, comme dans tous les pays andins. Le Chili dispose de 6 585 kilomètres de voies ferrées, aujourd'hui, surtout utilisées comme lignes de fret. Mais on peut toujours faire du stop, si on rencontre un machiniste compréhensif ! En Amérique du Sud, tout est possible !

 BONUS :

Le téléscope d'ATACAMA au Chili

Au mois de mars dernier, a été inauguré le plus grand observatoire du monde, le télescope Alma (Atacama Large Millimeter Array), sur le plateau d'Atacama. La construction aura durée 10 ans, coûté plus d'un milliard de dollars et a été co-financée par l'Europe, les Etats-Unis et le Japon.

Avec les yeux, nous voyons seulement une petite partie des ondes, c'est à dire le spectre lumineux, avec ses couleurs qui vont du violet d'un côté, au rouge de l'autre. Mais Alma est un radiotélescope qui observe, avec des antennes, les longueurs d'ondes de l'ordre du millimètre, entre le rayonnement infrarouge, c'est-à-dire la chaleur (comme les ondes émises par le corps humain), et les ondes radio, qui transportent le son. Et justement, les objets les plus froids de l'univers rayonnent sur ces longueurs d'ondes. C'est-à-dire que là où nous ne voyons rien, comme par exemple dans l'espace entre les étoiles, Alma a la capacité unique au monde de voir.

 

  Les ascenseurs de Valparaiso

 

Aussi poussifs que charmants, les célèbres funiculaires qui gravissent depuis plus d'un siècle les collines de Valparaiso sont en péril. Désarmés l'un après l'autre, ces joyaux du Chili ne survivent que par le seul amour de ses machinistes.

 

La courte montée dans les "ascensores" de métal et de bois, au plancher couinant sous les pas, est un "must" de touristes, offrant une vue imprenable sur la baie de Valparaiso ("la vallée du Paradis") et sur le quartier historique aux ruelles colorées, au charme bohême.

 

Ces vieux wagonnets sont un symbole du site, inscrit en 2003 au Patrimoine mondial de l'Unesco. Un "témoignage exceptionnel" du "développement urbain et architectural de la fin du XIXe siècle en Amérique latine". Valparaiso était alors le premier port sur le Pacifique.

 

Des 30 funiculaires qui fonctionnaient au tournant du XXe siècle, il n'en reste que six en service. Jadis hydrauliques, puis à vapeur, à présent électriques, parmi eux le doyen, le "Concepcion", est âgé de 127 ans.

 

Et si les funiculaires les plus courus par les touristes peuvent élever 900 passagers par jour, ceux des quartiers populaires, moins rentables, ont été les premiers à fermer. Chaque ascenseur qui s'arrête est compliqué à remettre en marche. Même s'ils font partie de l'identité de Valparaiso, ils risquent de continuer à disparaître.

 

La facture globale de réhabilitation, évaluée à 15 millions d'euros fait sans doute réfléchir...

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