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Le vent, ami ou ennemi des transports maritimes (1/3)

Les transports doivent tenter de s'adapter aux conditions météorologiques. Certains font du vent un allié et une énergie utile. C'est ce que nous montre Gérard Feldzer cette semaine, dans un premier volet consacré à l'utilisation du vent dans les transports maritimes. 

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Aujourd'hui encore, alors que 98% des marchandises sont transportées à
travers le monde par la mer, les énormes porte-conteneurs sont contraints par
le vent. Ces énormes navires destinés uniquement au transport de conteneurs constituent désormais le principal
mode de transport maritime de fret dans les ports de commerce.

Ces mastodontes
des mers, indispensables au commerce international, nécessitent une attention
particulière pour arriver à bon port, par tous les temps : "On ne va
pas s'aventurer à manœuvrer de gros containers avec des vents de 70
km/h !"
affirme Yann Fournier, pilote du port de Dunkerque.

La
réglementation oblige désormais les commandants de navires à recourir aux
services des pilotes de ports pour entrer et sortir des ports, ou pour parcourir une
voie fluviale difficile. Avec des tempêtes aussi violentes que ces derniers
temps, leur rôle s'avère effectivement essentiel pour diriger de tels navires.
Yann Fournier a d'ailleurs constaté des dérèglements météorologiques :
*"Depuis quelques années, j'ai remarqué que les vents sont de plus en plus
violents ; on suspend le pilotage un peu plus souvent qu'auparavant "

  • explique l'ancien capitaine au long cours.

Pourtant, si Sirocco, Simoun et autres Alizés peuvent avoir des
conséquences dramatiques en mer, ils peuvent être une énergie utile pour
voguer.

L'expression "contre vents et marées" semble en effet
perdre tout son sens, à en croire les dernières innovations en matière de
transport maritime. Si la marine à voile est réservée aujourd'hui aux sports et
loisirs, le transport maritime redécouvre les bienfaits du vent avec des
techniques issues du cerf-volant. Un jeune ingénieur allemand a eu le premier
l'idée de tracter un gros cargo à l'aide d'un cerf-volant géant afin de soulager les moteurs, et donc la consommation
en gazole.

Interviewé par Shamengo , il explique l'origine de son
projet : "L'idée m'est venue quand j'avais 14 ans. Je jouais avec un
cerf-volant sur la plage et la force du vent était énorme alors que le
lendemain, avec le même vent, je n'avançais presque pas à bord de mon dériveur.
Pourquoi ne pas mettre un cerf-volant sur les bateaux ? C'est ainsi que
j'ai lancé Skysail"
. Cette start-up a conçu pour la première fois
au monde un cerf-volant pour tracter un bateau.

Voir la vidéo en français

"Pourquoi ne pas mettre un cerf-volant sur les bateaux ? L'idée m'est venue à 14 ans, en jouant sur la plage."

Le vent, avenir de la marine marchande ? Yves Parlier, célèbre
navigateur, y croit, lui aussi, dur comme fer : "Un cargo aujourd'hui peut consommer jusqu'à  300 000 litres de gazole par jour, donc l'enjeu est à la fois
environnemental et économique
" explique-t-il. "Pou tirer un très gros cargo de 200.000 tonnes,
on peut imaginer des cerfs-volants de 2.000 m2"
. Afin de mettre sa
connaissance de la mer et des vents au service de la planète, il a créé Beyond
the sea
, une société qui vise à innover avec des solutions plus respectueuses
de la planète.

Dompter les éléments naturels pour en faire des alliés des
transports et des énergies propres : tel est le pari de ces passionnés de
la mer.

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