La logistique militaire, de Napoléon à Poutine

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Dans tous les conflits, et notamment en Ukraine, la logistique militaire est fondamentale. Cette machine à perdre ou à gagner peut changer l’issue d’une guerre.

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Radio France
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Gravure illustration / Napoléon en Russie, 1814. (ILBUSCA / DIGITAL VISION VECTORS / GETTY IMAGES)

Il y a plus de 2000 ans, Hannibal traversait les Alpes avec 40.000 hommes et 50 éléphants de guerre dressés au combat. Un coup de génie logistique, mais qui peut s’enrayer, comme on l’a vu avec Napoléon, Hitler, et peut-être Poutine.

De tous temps, la logistique au cœur de la stratégie militaire 

"L’armée doit intervenir si loin de ses bases qu’il y a un moment où les lignes de communication se distendent tellement que les lignes logistiques également ne suivent plus, explique Olivier Renaudeau, conservateur au musée de l’Armée. Napoléon est parti en Russie avec plus de 500.000 hommes. Avant d’être morts de froid, les soldats de Napoléon sont morts de faim : au retour, à part quelques pommes de terre que les soldats avaient au fond de leur sac, il n’y avait plus de logistique d’ensemble."

Si la logistique militaire s’est aujourd’hui modernisée, elle n’en est pas moins nécessaire. Patrick Dutartre, général de l’Armée de l’air, et ancien leader de la Patrouille de France, souligne : "Chaque armée a ses besoins : une flotte navale ne peut pas rester trop longtemps en mer sans être ravitaillée. Même chose pour les avions, qui ont besoin d’assez de carburant pour faire l’ensemble de leurs missions. À partir du moment où ça dure, la logistique est strictement indispensable."

La guerre de demain 

Même les missiles qui pleuvent sur les bâtiments requièrent, là aussi, de la logistique en hommes et en matériels. Il y a toutes sortes de missiles, certains auto-guidés, qu’on appelle “Fire and forget” (tire et oublie). Ils sont  programmés pour des objectifs précis, tandis que d’autres sont hypersoniques et volent à 10.000 km/h. Tout cela pour éviter d’envoyer les soldats s’exposer dans les combats de rues, car même s’ils sont connectés ou aidés par des robots, ils peuvent être victimes des snipers – un tireur d'élite a récemment abattu un général russe à une distance de 1.500 mètres. 

"Il y a une série d’expérimentations qui se font avec des robots-mules qui vont servir de système logistique de transport de munitions. Un soldat américain complètement équipé reçoit sur lui 60 kilos d’équipements. Le robot peut aider à rendre le soldat plus agile et endurant."

Joseph Henrotin, politologue et rédacteur en chef de la revue "Défense et sécurité nationale"

à franceinfo

Sans oublier qu’une guerre psychologique sévit sur les populations, au gré des motivations différentes entre attaquants et attaqués, et qu’une guerre économique s’invite également : on estime aujourd'hui que la perte en matériels a déjà coûté près de 5 milliards de dollars à la Russie. 

L'interview intégrale de Joseph Henrotin 

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