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La douane dans la lutte contre le transport de stupéfiants

Hier a eu lieu la journée internationale des douanes, dont l’une des missions est de lutter contre les trafics de stupéfiants. Et chaque année on bat des records de saisies, que ce soit par les airs, sur terre, ou sur l’eau.

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(©Dubois Ch / Andia.fr/© Dubois Ch / Andia.fr)

L’an dernier, 7 tonnes de cocaïne, 500kg d’héroïne et plusieurs dizaines de tonnes de résine de cannabis ont été interceptés. Une progression de 15 à 40%, suivant les moyens de transports. Jean-Marc Bortolussi, chef de la division ciblage et contrôle de la contrebande, à la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières, nous explique que "la question du transport est au cœur des problématiques douanières ". L'action des services douaniers, qui dépendent du Ministère des finances, se concentre donc dans des lieux spécifiques : ports, aéroports et sur les voies de circulations qui sont au cœur des trafics.

Comme pour les marchandises, la majorité du trafic se fait par voie maritime.

Dans les cargos et autres gros transporteurs, les caches sont en effet nombreuses, avec des doubles fonds difficiles à trouver le temps d’une escale. La drogue peut aussi être cachée au milieu d’autres marchandises en utilisant la technique du "rip off", les trafiquants n'ayant plus qu'a récupérer leur cargaison à l'arrivée, à l'insu du transporteur. Mais on intercepte aussi des voiliers de plaisance, qui sous couvert d’une navigation touristique, avec femmes et enfants, font des traversées au long cours avec plusieurs centaines de kilos de cocaïne, sous la quille, facilement largables en cas d’alerte.

(© defense.gouv)

Finalement c’est toujours la course entre les gendarmes et les voleurs ! Et en mer comme sur terre, ils utilisent ce qu’on appelle dans le jargon des stups : les "go fast". Les "go fast" routiers sont des voitures puissantes, généralement volées, qui roulent en convoi, le premier donnant l’alerte pendant que l’autre tente de s’échapper à plus de 200 kilomètres heure !

Mais le transport de stupéfiants par voie aérienne est aussi de grande ampleur : en effet, il est difficile de surveiller les quelques 3 milliards de bagages en soute transportés chaque année ! Mais certains trafiquants vont même jusqu'à piloter leurs propres avions : on a vu de gros avions cargos, opérés par des narcotrafiquants, posés et abandonnés en pleine brousse sur des terrains désaffectés. Et puis, il y a cet avion d’affaires dont les pilotes français qui clament leur innocence attendent depuis trois ans leur procès à Saint-Domingue. Le Falcon qu'ils pilotaient transportait 700 kilos de cocaïne, placés dans des valises ; ils devaient convoyer leur avion à Saint-Tropez. Dernièrement, c'est un ULM qui a été intercepté entre la France et l’Angleterre, bourré d’amphétamines et enfin, il fallait s’y attendre, des drones ont fait leur apparition à la frontière du Mexique et des États-Unis avec plusieurs kilos de cocaïne.

Pour se rendre compte des différentes routes des trafics, l'AFP a mis en ligne une carte très éclairante.

Finalement, plus que les modes de transports, c’est la dissimulation des marchandises qui est essentielle, et à ce sujet l'imagination des trafiquants est sans fin. Jean-Marc Bortolussi évoque par exemple le cas d'un tapis, en provenance du Pakistan, dont un fil sur deux était un réalité un composant plein d’héroïne : ce sont donc près de 12 kilos de stupéfiants qui ont été saisis à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle. Ainsi, les services douaniers enrichissent quotidiennement une base de données de toutes les cachettes rencontrées. Des thermos de café à double fond, des faux implants mammaires, ou encore des fruits remplis de cocaïne.

(© Sciences Actualités)

Dans la base de donnée des moyens de transports collectés par les douanes, entre le parachutage ou la catapulte, ou encore l'aéroglisseur, on peut trouver le cas, en Amazonie, d’un sous-marin, capable de transporter des dizaines de tonnes de stupéfiants en parfaite discrétion, sur des milliers de kilomètres. Ce semi-submersible furtif permettait de rallier les zones de production aux zones de transit vers l'Europe et les autres zones de consommation.

Ecouter l'interview complète de Jean-Marc Bortolussi, chef de la division"Ciblage et contrôle de la contrebande" à la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières.

TRANSPORTEZ-MOI 31.01.2015 bortolussi itw complete
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Chronique réalisée avec la contribution de Basile Mulciba

(©Dubois Ch / Andia.fr/© Dubois Ch / Andia.fr)