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PSA : et si la famille Peugeot cédait le contrôle à General Motors ?

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La famille Peugeot serait prête à céder le contrôle de PSA. Il ne s'agit pour l'instant que d'une rumeur. L'information a été donnée hier par l'agence Reuters, PSA dément, mais cela relance les spéculations.
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Radio France
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Les défenseurs de l'argument selon lequel il y a aujourd'hui en France un constructeur automobile de trop ne verront pas encore leur prophétie se réaliser. Car cette information - démentie à demi-mot (chez les Peugeot on ne commente pas les spéculations et les rumeurs) - ne signifierait qu'un changement de périmètre au capital et en aucun cas un démantèlement de PSA.

Que se préparerait-il exactement ?

Selon Reuters, la famille Peugeot qui détient aujourd'hui un peu plus de 25% du capital et 38% des droits de vote de PSA serait prête à céder le contrôle du groupe si elle parvenait à convaincre l'américain General Motors de renforcer l'alliance existante. Le convaincre aussi et surtout d'injecter de nouveaux fonds dont le groupe a un impérieux besoin pour assurer ses investissements et son développement à l'avenir.
PSA a besoin de cash mais pas de manière urgente et dans le cas d'une augmentation de capital, la famille ne pourrait pas forcément suivre. Elle descendrait à moins de 33% des droits de vote, ce qui laisserait les mains libres à son partenaire pour mener une restructuration drastique. C'est un peu l'opération de la dernière chance pour Peugeot confronté à une perte de compétitivité et une dégradation continue de sa position concurrentielle.

Ne serait-ce pas aussi l'occasion pour General Motors de rebondir en Europe ?

Peugeot s'est tourné vers GM (qui est son actionnaire à hauteur de 7%) après avoir étudié d'autres approches, notamment son partenaire chinois DONGFENG. Ce dernier n'a pas donné suite. Quant à GENERAL MOTORS, il est aujourd'hui confronté à une surcapacité avec sa filiale européenne OPEL, ce qui en fait un conjoint idéal : rapprocher les chaînes et rationaliser la production prendrait alors tout son sens. Hier soir, l'américain a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention d'investir davantage dans PSA mais selon des sources très proches du dossier, GM serait prêt à injecter de l'argent s'il peut contrôler l'ensemble des opérations.

Mais Bercy laisserait faire un tel accord ?

On voit mal l'Etat court-circuiter un plan qui permettrait de sauver ce qui peut encore l'être chez Peugeot. A Bercy, on affirme que l'Etat n'est pas opposé par principe à ce que le premier constructeur automobile français soit contrôlé par un groupe étranger, mais veillera strictement à la préservation des sites en France et à l'emploi dont on imagine qu'il pourrait être mis à mal par une vaste restructuration. L'Etat est déjà présent dans l'orbite de Peugeot avec la présence de Louis Gallois au Conseil de surveillance mais pourrait prendre une participation dans le groupe pour disposer d'un droit de regard.
Donc, nous en restons au stade des rumeurs. Si les protagonistes vont plus loin, cela prendra du temps. Une méga-opération de ce genre ne se règle pas en deux coups de cuiller à pot. Mais cette perspective a visiblement rassuré les marchés. Le titre Peugeot a pris plus de 5% hier à la bourse de Paris à 6 euros 50. Les opérateurs vont continuer à suivre ce dossier de très prêt.

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