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Pourquoi le prix du carburant remonte ?

Automobilistes et motards le constatent depuis environ deux semaines : le prix des carburants remonte. Mais est-ce à dire que c'en est fini de la période du pétrole peu cher ?

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(© MaxPPP/Sébastien Jarry)

Bien malin celui qui saurait répondre précisément à cette question. La récente légère remontée des prix à la pompe ne tient pas tant à des raisons géopolitiques qu'à la persistance d'un euro faible face au dollar qui, de fait, renchérit le pétrole acheté en billet vert.

Jeudi soir, le baril de brut est repassé au-dessus de 50 dollars (51,20)

Le marché semble fonctionner aujourd'hui avec des tarifs qui échappent à toute forme de régulation.

 

Pourquoi ce lâcher-prise ?

 

A l'automne dernier, le cartel des pays producteurs a décidé de laisser jouer le marché, de laisser libre court à l'offre et la demande, avec pour objectif de tenter d'évincer les Etats-Unis devenus premiers producteurs mondiaux de pétrole et gaz liquéfié, devant l'Arabie saoudite.

Mais cela a eu pour effet de renforcer l'intérêt pour le pétrole de schiste produit par les américains et de destabiliser l'ensemble de la filière traditionnelle.

Les Etats-Unis sont devenus autonomes en matière énergétique, la Chine et le reste de l'économie mondiale tournent au ralenti... cocktail parfait pour faire baisser les prix.

 

Un rééquilibrage est-il possible ?

 

C'est ce que prévoient notamment l'OCDE et l'AIE (l'Agence Internationale de l'Energie) mais tous deux estiment que les cours ne retrouveront pas les niveaux des dernières années avec un baril qui a pu monter jusqu'à 130 / 140 dollars.

Ces six derniers mois, le baril a perdu 60% de sa valeur... en une semaine, il vient d'en reprendre à peine 15.

Sur le fond, s'il est appréciable pour l'automobiliste, un pétrole sous-évalué n'est pas la solution : nocif sur le plan environnemental car il détourne des énergies renouvelables plus chères ; dangereux pour la paix dans certains pays qui peuvent tirer jusqu'à 80% de leurs ressources et de leurs exportations comme l'Afrique ou l'Amérique latine. Enfin, impact économique et social : exemple avec TOTAL qui vient d’annoncer pour 2014 une chute de ses bénéfices de 60%, contraint à un plan d'économies avec licenciements à la clef. Les investissements de Total vont être réduits de 10% et le budget exploration de 30%. Nous sommes vraiment entrés dans une problématique très complexe.

(© MaxPPP/Sébastien Jarry)