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Pourquoi le marché de la plaisance a le vent en poupe

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Le salon international du nautisme a fermé ses portes hier à Paris. Le marché du bateau fait partie de ces secteurs dynamiques qui se portent bien.
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Radio France
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A l'heure du bilan, un des organisateurs du salon confiait hier soir : "le communiqué que je suis en train de rédiger, je n'aurais pas osé l'écrire il y a dix jours". Pour certains groupes et chantiers, ce rendez-vous annuel de la Porte de Versailles est l'occasion d'assurer 70% de leur activité.
La filière nautique en France (production, distribution et services), ce sont près de 5000 entreprises et quelque 45.000 employés. 240.000 visiteurs se sont pressés au salon 2013. Ce n'est pas tant le volume de visiteurs qui importe (sans grande évolution par rapport à 2012) que l'origine des personnes qui ont fait le déplacement : américains, canadiens, asiatiques.
La France exporte aujourd'hui les 3/4 de sa production... c'est l'export qui tire l'activité face à un marché français en baisse pour la troisième année consécutive : - 20% en 2013.

La voile est un marché de niche, souvent considéré, aussi, comme un marché de "riches".

De riches et de seniors. Le marché des baby-boomers... celles et ceux qui sont parvenus à se constituer un patrimoine pendant les Trente Glorieuses et qui se sentent aujourd'hui une âme d'aventurier une fois la retraite arrivée.
Et si on laisse de côté, l'aspect grand luxe de certains bateaux fabriqués sur mesure pour quelques richissimes clients du Moyen-Orient ou d'Asie, la voile, c'est un peu comme le cheval dont on a beaucoup parlé ces dernières semaines avec l'équitaxe : la discipline s'est démocratisée. Il n'y a qu'à voir les stages auxquels participent les jeunes pendant les vacances. Ces 3 dernières années, le nombre de permis de piloter a augmenté de 30%.
Et puis autre tendance de fond : le marché d'occasion. On entretient l'existant, ce qui fait le bonheur des équipementiers.


La France reste pionnière*

C'est en quelque sorte l'héritage de Colbert, ministre de la Marine de Louis XIV, qui a donné à la Navale toute sa noblesse et ses perspectives de développement.
Nous sommes aujourd'hui leaders mondiaux dans la construction de voiliers, monocoques et multicoques. Pendant la crise, les fabricants on fait le dos rond et la plupart d'entre eux a continué à investir dans de nouveaux produits et le moteur a supplanté la voile (on vend désormais 4 fois plus de bateaux à moteur que de voiliers).
Il y a une myriade de fabricants, je le disais, mais le vaisseau amiral demeure le groupe Bénéteau et ses marques Janneau, Lagoon ou Monte Carlo : 35 millions d'euros investis depuis 2008 pour innover et, surtout, ne pas faire mentir l'ancêtre créateur : Benjamin Bénéteau qui, en 1912, un jour sans vent, eut l'idée de mettre un moteur à son canot pour aller pécher au nez et à la barbe des concurrents voiliers, dépités face à tant d'audace.
Il baptisera son bateau : "Le vainqueur des jaloux". Un nom qui se mérite et que le groupe vendéen entend bien valoriser, aujourd'hui encore, 100 ans après.

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