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Patronat - gouvernement : que reste-t-il du ''choc de compétitivité'' ?

Finie la lune de miel. La tension est à son paroxysme entre le gouvernement et le patronat autour du pacte de responsabilité. Responsabilité que chaque camp se renvoie désormais très violemment au sujet du manque de créations d'emplois.

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(Manifestation des patrons devant Bercy à Paris le 1er décembre © Maxppp)

Entre les saillies du ministre de l’Economie Emmanuel Macron mardi matin, puis, dans l'après-midi à l'Assemblée nationale, la banderille plantée par Manuel Valls dans l'échine de patrons qualifiés en substance d' "irresponsables", il aura suffi d'à peine huit heures pour sabrer plusieurs mois de débats autour du pacte de responsabilité. Huit heures – une journée de travail – pour passer du réchauffement climatique à la période glacière entre le gouvernement et les chefs d'entreprises.

Nous sommes dans la guerre des postures, un jeu de rôles. D’un côté, un gouvernement conscient de devoir adapter la législation au contexte économique (la baisse de charges pour améliorer notre compétitivité), mais contraint, en échange, de donner des gages à une partie de la majorité chauffée à blanc par trop de concessions libérales.

 

De l’autre côté, le patronat

 

Représenté par un Pierre Gattaz malhabile, réclamant une suppression de l'impôt sur la fortune alors qu’il vient d’obtenir une baisse de charges.

Un patronat fébrile, certes bénéficiaire de nouveaux dispositifs fiscaux, mais qui peine à comprendre ‘’comment ça marche’’. Demandez aux petits entrepreneurs comment ils envisagent individuellement de profiter des 40 milliards d’euros de baisse de charges : ils ne savent pas répondre. L’effet d’annonce du chiffre cache l’absence de pédagogie.

Ajouter à cela le compte pénibilité qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain et la coupe est pleine. Le sentiment de frustration répond à l'administration – pleine de bonne volonté – mais coupée de la réalité du terrain. Cela donne un cocktail explosif.

 

C’est à dire ?

 

Les manifestations de patrons avec leurs sifflets et leurs cadenas sont en réalité une soupape de sécurité. Quand la colère monte, on ‘’coiffe le mouvement’’, comme l’on dit en langage syndical. On canalise la contestation pour éviter tout dérapage. Ce dérapage possible, c’est la mobilisation des petits patrons en faveur des extrêmes lors de l’élection présidentielle de 2017.

Sur le fond, la prise de bec de ces dernières heures prouve une fois de plus que le temps du politique n’est pas celui de l’économie. L’immédiateté de la satisfaction des électeurs s’oppose à la lenteur de l’efficacité des remèdes économiques.

La vraie question : que reste-t-il du ‘’choc de compétitivité’’ promu en 2012 par Louis Gallois, patron à forte sensibilité sociale.

(Manifestation des patrons devant Bercy à Paris le 1er décembre © Maxppp)