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Où va Areva ?

Le groupe nucléaire français Areva annonce 2 milliards d'euros de pertes pour 2015. Cette publication a été reportée de 24 heures, y aurait-il anguille sous roche ?

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(Tour Areva © Maxppp)

Un tel report de dernière minute est un fait rarissime, surtout pour un groupe d'une telle taille. La publication des résultats est un exercice tellement attendu par les marchés que le moindre écart de communication peut être catastrophique pour les cours de bourse, notamment... cela dit, pour Areva, rien ne peut plus nous étonner.

 

Y-a-t-il au moins une explication à ce report ?

 Officiellement, l'annonce des résultats a été reportée pour finaliser la documentation technique liée au plan de financement de la dette après un accord passé avec six banques.

En réalité – et le ministère de l'Economie ne s'en cache pas –, ce délai supplémentaire fait suite à une intervention de l'Etat actionnaire qui a fait des pieds et des mains jusqu'à la dernière minute pour obtenir de meilleures conditions de crédit.

On imagine facilement l'ancien banquier d'affaires Emmanuel Macron, aujourd'hui locataire de Bercy, en redoutable négociateur.

 

La situation est à ce point difficile pour Areva ?

 Ces négociations de dernière minute prouvent que le moindre centime d'euro gagné est précieux.

Areva est endetté à hauteur de 6 milliards d'euros. Il lui faut rembourser cette année 1 milliard 300 millions d'euros tout en continuant d'assurer le quotidien des 20.000 salariés.

Et puis, il faut tenir jusqu'au renflouement pas l'Etat prévu début 2017. Outre la reprise des activités réacteurs nucléaire par EDF pour quelque 2 milliards et demi d'euros, on parle d'une augmentation de capital de 5 milliards d'euros.

Voilà donc pour le contexte. 

La perte annoncée par Areva ce vendredi 26 février est le cinquième résultat consécutif dans le rouge.

On solde les années 2000 : les errances de gouvernance, les erreurs de stratégie industrielle et les investissements douteux dans des mines sans minerais...

La facture est très lourde pour l'ancien fleuron français de l’atome.

(Tour Areva © Maxppp)