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Lutte contre le chômage : la gauche peut-elle faire mieux que la droite ?

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Forte hausse du chômage en juillet : +1,4% par rapport à juin (41.300 demandeurs d'emplois supplémentaires sur un mois). C'est la plus forte hausse mensuelle enregistrée depuis trois ans. Les mois passent et rien ne semble pouvoir inverser la courbe.
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Radio France
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Quinzième mois consécutif de hausse... la France métropolitaine compte désormais près de 3 millions de chômeurs (la barre de ces 3 millions sera dépassée cette année). Aujourd'hui, le chiffre atteint même 4 millions 400.000 si l'on prend en compte l'outre-Mer. En juillet, le chômage de longue durée a flambé et la hausse est aussi particulièrement marquée pour les jeunes de moins de 25 ans... même tendance pour les séniors et pour les contrats d'intérim, véritables victimes du manque d'activité.

Progression constante et le tunnel s'annonce encore très long.

Oui, car il n'existe à ce jour aucune marge de manœuvre. La croissance économique de la France est atone... on stagne depuis des mois et pour 2013, le gouvernement qui prévoit une croissance d'1,2%, s'apprête à revoir sa copie à la baisse (le Premier ministre Jean-Marc AYRAULT l'a clairement laissé entendre hier soir dans le 20 heures de France2), or on sait qu'une économie ne stabilise son taux de chômage - voire ne commence à créer de l'emploi - qu'à partir d'1 et demi à 1,6% de croissance (l'an prochain, ce sera entre 0.5 et 0.7% selon les prévisionnistes). Donc première porte fermée... et puis la deuxième, c'est le résultat du dynamisme de la démographie française : chaque année, des dizaines de milliers de jeunes arrivent sur un marché du travail saturé.  

Face à ce fléau, chaque gouvernement prend des mesures... que prévoit le Ministre du Travail Michel Sapin pour lutter contre le chômage ?

A défaut d'inverser la courbe du chômage, l'objectif de court terme est de freiner son envolée. Michel Sapin a rappelé cet été la boîte à outils qu'il s'est constitué : les emplois d'avenirs dont le dispositif sera justement présenté demain en Conseil des ministres (il s'agit de subventionner d'ici 2014 la création de 150.000 postes pour des jeunes de 16 à 25 ans en difficulté) ; 2000 nouveaux postes créés chez Pôle Emploi pour accueillir les chômeurs justement ; une négociation, notamment avec le patronat, sur les procédures de licenciement avec à la clef une possible révision des règles du code du travail.

Mais le nouveau pouvoir de gauche peut-il être plus efficace que la droite à laquelle il a succédé ?

Alors la critique est facile mais l'art est difficile ! Donc on attendra de voir les résultats concrets des actions prévues par la nouvelle équipe. Cela dit, les actions que je viens de citer concernent à 90% des emplois non marchands (c'est à dire des postes administratifs et non " productifs " au sens un peu froid mais littéral du terme : des emplois supportés aux 3/4 par les finances publiques qui sont déjà moribondes). Outre l'appel d'air que peut susciter de telles embauches, les postes sont-ils durables ?... à voir !  Enfin, attention à ce que les négociations à répétition prévues pour favoriser le dialogue social (certes louable) n'aient pas pour effet pervers de repousser aux calendes grecques les décisions qui s'imposent dès aujourd'hui. Finalement on risque très vite de voir revenir les mesures de chômage partiel (c'est-à-dire que l'on met les salariés en formation mais on ne les sorts pas du marché du travail). Un dispositif vanté par l'ancienne équipe au pouvoir et qui ne rencontre pratiquement plus l'hostilité des syndicats.

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